L'ouverture sociale des Grandes Ecoles

 

 

 

 

 

 


Naissance d’une démarche concertée à la CGE
Le sujet était dans l’air depuis un certain temps. Les récents événements survenus dans les banlieues ont mis un accent douloureux sur les problèmes d’intégration des jeunes de milieux défavorisés ; enfin le Président Jacques Chirac l’a annoncé dans ses vœux pour l’année 2006 : «  Elles [les universités et les grandes écoles] devront désormais participer activement à l'orientation et à la préparation des jeunes qui en ont besoin, dès les études secondaires….[…] Et les classes préparatoires devront porter leur taux d'élèves boursiers à un tiers, comme c'est le cas dans les universités ».

Les grandes écoles n’ont pas attendu d’être mises à l’épreuve pour prendre conscience de leur responsabilité citoyenne. Depuis de nombreuses années elles ont développé des projets ou des modalités pédagogiques favorisant la diversité sociale de leurs étudiants (dont l’opération « Main à la pâte ») et elles continuent aujourd’hui d’innover en la matière.

Plusieurs accords signés par la CGE montrent un renforcement de cette volonté d’ouverture :
• « Accord-cadre de soutien des Ecoles de la 2 ème chance » (8 juin 2004)
• « Charte de l’égalité des chances dans l’accès aux formations d’excellence » (17 janvier 2005)
• « Convention pour la promotion de l’égalité entre Hommes et Femmes » (22 mars 2005)
• « Accord-cadre avec l’Association de la Fondation Etudiante pour la Ville » (AFEV) (12 juillet 2005)
• « Convention de partenariat pluriannuelle » avec la Délégation interministérielle à la ville pour la mise en œuvre par les Ecoles de la CGE de la charte du 17 janvier 2005 (7 octobre 2005)

Au lendemain de la signature en janvier 2005 de « la Charte pour l’Egalité des chances dans l’accès aux formations d’excellence » par la Conférence des Présidents d’Université, la Conférence des Directeurs d’Ecoles et de Formations d’Ingénieurs et la CGE avec les 3 ministères concernés (de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la Recherche, de Emploi, du travail et de la cohésion sociale, et le ministère délégué à l’intégration, à l’égalité des chances et à la lutte contre l’exclusion) une soixantaine de grandes écoles s’engageaient à œuvrer pour améliorer l’ouverture sociale. Un an après, la CGE (à travers son groupe de travail « Ouverture sociale ») peut faire un premier bilan des actions entreprises et surtout valoriser des initiatives de ses écoles membres, beaucoup plus anciennes et trop méconnues. On découvre qu’une centaine d’écoles se sont déjà impliquées dans des actions de plus ou moins grande envergure.

NB : les exemples suivants ne constituent pas une liste exhaustive de tout ce que font les écoles; l es écoles mentionnées ne sont pas les seules à s'impliquer et elles ne se limitent pas seulement aux actions pour lesquelles elles sont citées.
Les sigles sont expliqués en fin d’article.

1) POURQUOI S’IMPLIQUER DANS L’OUVERTURE SOCIALE ?

Une dynamique nouvelle se manifeste depuis peu et s’intègre dans le contexte actuel de promotion de l’Egalité des Chances, autour duquel se mobilisent tous les acteurs de la société (politiques, entreprises, formateurs,…). Cela signifie pour les grandes écoles une occasion de partager, d’analyser et de formaliser différentes initiatives de nature et d’origine diverses, d’autant plus que les actions d’ouverture sociale supposent un engagement fort et un investissement structuré de l’institution en tant que telle,

• Les Grandes Ecoles ont auprès du grand public une image qui repose certes sur des fondements historiques et réels mais qui ne reflète ni complètement ni fidèlement leur identité et leur fonctionnement. Aujourd’hui beaucoup de lycéens ne connaissent pas encore les prépas et les Grandes Ecoles, en particulier dans les lycées situés en zones d’éducation prioritaire ou en zones urbaines sensibles. Le monde des grandes écoles et les débouchés auxquels elles préparent n’est pas seulement méconnu du grand public et des élèves mais aussi de personnes constituant des relais essentiels (personnels des centres d’orientation, professeurs de lycées). L’image de l’entreprise (souvent liée aux risques de délocalisation et donc de licenciements et de chômage) doit également être prise en compte. Contribuer à l’accès à l’information de tous sur l’existence des grandes écoles et de leurs débouchés est donc indispensable

• Les GE ont une responsabilité sociale dans des champs où elles sont légitimes : la question de l’égalité des chances d’accès à l’enseignement supérieur et aux filières d’excellence en est une. Or les constats actuels sont sans appel : le pourcentage d’étudiants des GE issus de milieux modestes ou défavorisés est extrêmement faible.

• Aujourd’hui, les GE se privent de certains talents, ceux de nombreux jeunes de milieu modeste qui ne s’engagent pas dans des filières de ce type pour toute une série de raisons. Ils voient en elles un bastion réservé à une élite : inaccessible, coûteux, voire inquiétant. Ils pratiquent une autocensure qui exclut de leurs perspectives d’avenir cet autre monde étranger. Les GE doivent être plus représentatives de la société actuelle.

• L’ouverture sociale contribue à lutter contre la désaffection pour certaines filières notamment les filières scientifiques, en proposant à tous les jeunes lycéens, quels que soient leurs milieux ou leurs lycées d’origine, ces formations longues d’excellence.

Le tutorat étudiant est un élément intéressant et original dans la formation de futurs cadres ou managers. Il peut constituer une véritable expérience professionnelle dans différents domaines : gestion de projet, créativité, gestion de la dynamique de groupe, résolution de conflits, engagement, innovation pédagogique, travail en équipe,…

• Les valeurs sur lesquelles s’appuient ces dispositifs : travail, sens de l’effort, exigence bienveillante, solidarité entre étudiants et lycéens, engagement, enrichissement mutuel… ont un impact sur l’école toute entière. La générosité spontanée de nombreux étudiants y trouve un merveilleux terrain d’expression. Ils côtoient des populations et des mentalités de milieux différents, travaillent dans des champs de compétences complémentaires, à des niveaux variés et appréhendent la diversité sociale bien avant leur immersion dans la vie professionnelle. Leur implication dans ces projets aiguise la conscience politique, civique et sociale de ces futurs recruteurs qui demain pourront contribuer à une meilleure chance d’intégration de tous dans la vie professionnelle et à la lutte contre les discriminations à l’embauche.

• Une GE s’inscrit dans un environnement riche et complexe : la mise en œuvre d’un dispositif d’ouverture sociale renforce son ancrage sur un territoire, grâce à de nouveaux partenariats avec les entreprises ou les institutions locales, tout en facilitant une meilleure intégration locale des étudiants pendant leurs années de formation.

- De même un projet d’ouverture sociale dans une GE entraîne des retombées médiatiques positives, qui, sans être l’objectif premier, humanisent les GE et modifient leur image.

Mais la mission qui est aujourd’hui impartie aux grandes écoles va bien au-delà : il s’agit d’aider les jeunes de milieux défavorisés à se construire un avenir, à accéder à l’enseignement supérieur sous toutes ses formes, à bénéficier d’une ouverture culturelle, bref à s’élever socialement en réussissant tant leur vie professionnelle que leur développement personnel.

Au-delà de toute démagogie, il ne s’agit pas d’une « discrimination positive » mais d’un rapprochement social et culturel où chacun doit trouver matière à s’enrichir, bref où tout le monde doit être gagnant.

2) QUAND AGIR ?
Dans l’idéal cette ouverture devrait bien sûr s’opérer le plus tôt possible. Concrètement les grandes écoles interviennent généralement dès la seconde, la première ou la terminale, voire pour certaines d’entres elles, dès la quatrième (Ecole des Mines d’Alès, EISTI Cergy, INSA Strasbourg) ou dès le primaire (HEI Lille) (voir ci-dessous).

  • Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) :

Cette période charnière fait l’objet d’un travail spécifique à la CGE qui analyse actuellement différents projets :
- des internats d’excellence, offrant aux élèves en difficultés les meilleures conditions de vie et de travail pour mener à bien leurs études
- des formules d’accompagnement parallèles
- des classes préparatoires de proximité
- des formules financières adaptées
- une information sur les débouchés des CPGE : intégration en grande école ou poursuite dans d’autres filières
- la définition des équivalences académiques en fin de 1 ère et 2 ème année de classes préparatoires.

3) LES FORMULES ADOPTEES

Plusieurs dispositifs – déjà anciens ont été adoptés par les grandes écoles pour élargir et diversifier leur recrutement :
• L’apprentissage : 66 écoles membres de la CGE permettent à leurs étudiants de suivre leur formation tout en travaillant.
• La Validation des Acquis de l’Expérience
• En 2004, la CGE a lancé l’opération Tremplin « Premières/Terminales STT, STI, STL, Osez les grandes écoles, rejoignez la tribu prépa » en liaison avec le Ministère de l’Education nationale et les rectorats d’académi es. L’objectif était la promotion des bacs technologiques : les professeurs de classes préparatoires technologiques ont assuré, sur leur temps libre un travail de terrain : rendez-vous avec les lycées, interventions auprès des élèves, diffusion des documents.

Depuis la signature de la charte, les nouvelles actions lancées par les écoles relèvent deux grandes catégories d’approches :
- soit l’institution s’engage dans un véritable projet d’ouverture sociale : c’est le cas de l’ESSEC avec l’opération « une grande école, pourquoi pas moi ? », des Instituts nationaux de sciences appliquées (« Passeport pour l’entretien »),
- soit de pratiques pédagogiques visant à augmenter la mixité sociale : c’est le cas de l’Ecole des Mines de Paris (projet « Mécatronique »), de l’opération « Passeport SFR » en partenariat avec des écoles du domaine des télécommunications.

  • pour faciliter l’accès aux grandes écoles

Information sur les formations et les métiers  dans les lycées ou dans l’école elle-même (EIVP en génie urbain, Polytech’Lille) ; l’ENTPE organise un forum sectoriel en aménagement du territoire et bâtiment/TP avec des entreprises pour tous les niveaux de formation (ingénieurs CAP, BTS bac professionnel).

Valorisation des acquis de connaissances, qualifications et compétences dans des domaines autres que les domaines académiques ou scientifiques (AUDENCIA Nantes, ENSAM Paris)

Aide à l’évaluation des élèves susceptibles de réussir un cursus de grande école : le « Passeport pour l’entretien » de l’INSA de Lyon comprend une commission qui étudie les motivations et le potentiel des candidats en lycées, les aide à monter un projet personnel et les oriente vers les jurys d’admission dans le cycle préparatoire intégré. Un processus analogue est conduit par l’UTC à Compiègne et l’INP de Lorraine pour son cycle préparatoire polytechnique. Polytech’Lille aide des lycéens dans l’élaboration d’un projet professionnel et d’un parcours de formation.

Tutorat ou parrainage des élèves de milieux modestes dans les lycées de ZEP : par les enseignants et les élèves de l’école (Ecole des Mines Alès, EISTI Cergy, ESIGELEC Rouen, HEI Lille, Polytech’ Lille) ; Le projet Prépa’Rémois de l’ESC Reims aide des lycées sélectionnés à développer les compétences requises en classes préparatoires. HEC met l’accent sur l’ouverture intellectuelle avec des travaux par thèmes, l’apprentissage à l’usage des TIC. Depuis l’an 2000 l’association Tremplin des élèves de l’Ecole Polytechnique assure des cours d’approfondissement dont bénéficient à ce jour 150 élèves de 13 lycées d’Île-de-France ; cet investissement à permis à certains élèves d’intégrer des grandes écoles d’Île-de-France ; Tremplin profite de la mise à disposition d’un stagiaire de l’école Polytechnique pour compléter les accompagnements sur place.

création de filières ou de programmes spécifiques :
L’ENSAM Paris a mis sur pied un processus qui comprend une présélection en terminale portant sur des capacités pas uniquement académiques, l’inscription des élèves retenus en DUT de génie mécanique et productique avec des cours de préparation au concours d’entrée à l’ENSAM et un tutorat par un diplômé de l’école déjà en activité en entreprise.

L’ENSEA Cergy a participé à l’organisation du concours national ATS pour 38 écoles, qui prépare en un an des titulaires d’un BTS aux concours d’entrée en grandes écoles.

L’ESIEE à Marne-la-Vallée propose à 40 bacheliers STI un cursus individualisé en 5 ans : (cycle préparatoire technologique de 3 semestres, 4 ème semestre renforcé en maths/physique, 1 ère année de cycle ingénieur dédiée aux filières technologiques commune avec les candidats recrutés sur la banque d’épreuves BTS/DUT (idem ENSEA).

Un projet commun à l’université de Marne-la-Vallée, à l’ENSG (sciences géographiques) et à l’ESIEE envisage l’ouverture à la rentrée d’une classe préparatoire au Polytechnicum de Marne-la-Vallée, qui permettra à des bacheliers S de poursuivre leurs études dans les établissements partenaires (ou dans d’autres).

Supméca, en liaison avec le lycée Cachin de St Ouen et l’IUT de St Denis repèrent des élèves susceptibles d’obtenir un DUT puis d’intégrer Supméca, grâce à un soutien et un suivi pédagogique.

HEI et la Faculté libre des sciences et technologies de Lille organisent une licence spécifique « sciences pour l’ingénieur », dont le contenu et l’accompagnement pédagogique permettent à des élèves qui ne l’auraient pas envisagé, de poursuivre des études à HEI ou à l’université.

Avec le lycée Thiers à Marseille, Euromed s’implique dans la « spé IEP », qui prépare au concours d’entrée aux IEP (Instituts d’Etudes Politiques), en organisant une option management qui permet aux élèves de passer également le concours Sesame (commun à plusieurs écoles de management) assortie de tutorat et d’activités éducatives.
« BTS-Prépas » est une filière d’admission créée dans le Nord et en Bretagne par l’ISEN (instituts de Lille et de Brest) et l’ESTIT (HEI est partenaire depuis la fusion avec l’ESTIT) en partenariat avec les lycées La Croix rouge à Brest et Ozanam à Lille : les bacheliers STI suivent un parcours spécifique alliant cours de BTS et préparation intégrée au cycle ingénieur ISEN, ainsi qu’une ouverture culturelle.

Intégration de l’action d’ouverture dans le cursus : l’ESC Dijon a créé un département de l’Accompagnement personnel, et un module obligatoire requiert que les étudiants consacrent 48 h à des actions solidaires (soit 12480 h dans l’année)
Ouverture sociale de proximité : éveil des jeunes scolarisés dans les ZEP aux activités scientifiques et aux métiers des ingénieurs : via des concours de réalisation d’objets (EISTI Cergy + CDEFI) ou des projets formateurs favorisant les contacts avec les entreprises.
Immersion dans le monde de la Grande Ecole : invitation des jeunes des lycées en ZEP à participer à des manifestations culturelles en grande écoles (EIVP Paris), à des visites de laboratoires (Ecole des Mines d’Alès), à des cours de l’école (EPF Sceaux, INT Evry), à des discussions, des séances d’expression ou de restitution thématiques
Implication des associations d’élèves : soutien scolaire, encadrement, organisations de manifestations, de tournois sportifs, accompagnement à des visites culturelles.

Le programme « Une prépa, une Grande Ecole : pourquoi pas moi ?» de l’ESSEC date de 2002 et constitue un modèle suivi peu à peu par d’autres établissements. A base de double tutorat (par des étudiants de l’ESSEC et des professeurs des lycées), d’activités culturelles (visites de musées, de patrimoine, spectacles), d’ateliers spécialisés (expression orale, codes sociaux, aide individuelle à l’orientation), de visites d’entreprises, il entend tout en maintenant le même niveau du concours d’accès pour tous, développer des comportements et des compétences chez des élèves de milieux modestes, repérés par leur lycée d’origine comme ayant de réelles dispositions à aller loin.

L’Ecole Polytechnique adopte la formule et assure un suivi sur trois ans, de la seconde à la terminale, d’une vingtaine de lycéens de l’Essonne, prometteurs, mais dont la situation familiale et sociale constitue un handicap à l’accès à l’enseignement supérieur. Les participants sont sélectionnés à la fin du 1 er trimestre de seconde par le lycée d’origine et par Polytechnique sur trois critères : potentiel scolaire, motivation, statut familial ou social.

 

D’autres écoles ont mis en place ou sont en train de définir un dispositif de même type, notamment le groupe INT Evry, ESC Reims, Ecole de management de Normandie, ESC Rouen, ECE, Euromed Marseille, HEC, ENGREF, Supélec, Ecoles Centrales Paris et Lille, EGIM Marseille, ESCP-EAP, INSA Toulouse, ENS-LSH Lyon,

  • pour faciliter l’accès à l’enseignement supérieur en général

• Action de communication dans les lycées sur les filières de l’enseignement supérieur, en liaison avec les CIO, et avec l’appui des professeurs et des proviseurs (EIVP Paris) : il s’agit aussi d’installer une démarche d’information durable et de lutter contre les préjugés ou la méconnaissance du monde de l’enseignement,
Soutien aux élèves qui ont choisi une filière universitaire (BTS ou DUT), avec si nécessaire un accord avec l’université concernée (EIVP Paris, HEI Lille)
Projets et travaux en commun : c’est le cas du projet « Mécatronique qui réunit des élèves de BTS et de l’Ecole des Mines de Paris sur un même sujet à raison d’une demi-journée par semaine pendant un an ; des projets de sensibilisation à l’architecture animés par l’Ecole d’architecture de Nancy dans les collèges de Lorraine
Activités de détente et loisirs (sports et culture) pour les enfants des collèges et du primaire (HEI Lille)

4) LES MOYENS
Sources de financement :

  • Subventions accordées par l’Etat aux écoles qui s’engagent dans l’ouverture sociale,
  • bourses de l’Etat,
  • bourses d’entreprises accordées aux étudiants selon leur mérite ; bourses provenant de fondations.

Moyens :
Pour aider les élèves à surmonter les barrières financières, plusieurs solutions ont été imaginées par un grand nombre d’écoles :

  • des bourses accordées sur leurs fonds propres  et/ou en partenariat avec des industriels (Audencia Nantes, CPE Lyon, ESC Montpellier)
  • gratuité des inscriptions aux concours (Ecole Polytechnique, ESC Amiens), exonération ou réduction des frais de scolarité (ESCEM Tours/Poitiers, Réseau INSA)
  • facilités financières, caution pour des prêts ou des achats de matériels, accords avec des organismes financiers (ESC Troyes, IECS Strasbourg)
  • assistanat étudiant : permettant aux étudiants de réduire le montant des frais de scolarité en contrepartie d’un travail à caractère pédagogique ou social ; statut de salarié pour les étudiants (ENTPE)
  • intervention des associations étudiantes : les offres de jobs à caractère commercial sont proposées en priorité aux étudiants en situation plus modestes, (Audencia Nantes, ESCEM) ; des prestations aux entreprises servent à financer les opérations d’ouverture ou à constituer des fonds destinés à des prêts sans intérêt (ESC Troyes)

5) ORGANISATION

  • les conventions

La plupart des actions se font en partenariat avec les lycées en ZEP, les rectorats d’académie. Des conventions de partenariat ou de parrainage de lycéens sont signées par les écoles avec les lycées.
Les écoles s’unissent dans des actions communes : L’association Tremplin de l’Ecole Polytechnique a créé une antenne à l’Ecole normale supérieure et à l’ENPC à l’ENSAE , et à l’ESIEE à Marne la Vallée.

  • Les partenariats :

Ces actions rapprochent les grandes écoles et :
- les universités : Ecole des Mines d’Alès et l’Académie de Montpellier ; les 10 écoles d’ingénieurs de l’INP Lorraine et l’Université Poincaré de Nancy, ENSAM et l’Université de Nanterre.
- les STS, IUT, ASTS : Supméca et l’IUT de St Denis,
- les conseils régionaux, les villes, les préfectures, les chambres de commerce et d’industrie : 6 écoles d’Ile-de-France vont participer à l’opération « Ecole ouverte » menée par la préfecture de cette région (CESI, EN Sciences géographiques, ESCOM, INT, SUPMECA, SUPOPTIQUE)
- des fondations et des associations: la Fondation de France, Grenoble Ecole de management et la Fondation agir contre l’exclusion (FACE), ECAM Lyon et l’Association pour l’Animation des Cités de Transit à Lyon
- le Bureau National des Elèves Ingénieurs
- les CIO
- des entreprises : le « Passeport Ingénieur Télécoms, lancé par SFR en partenariat avec les ministères de l’Education nationale et de l’Emploi et onze écoles ; il s’adresse aux élèves inscrits en BTS industriel du génie électrique ou en classes préparatoires ATS et consiste en des trinômes Lycée ATS + école d’ingénieur + établissement SFR. SFR met à disposition des aides financières, du matériel, des collaborateurs. Les élèves bénéficient de soutien et de tutorat, de stages en entreprise, de bourses, d’aide à la recherche d’emploi voire de création d’entreprise (Ecoles partenaires : ENIC Lille, ENSEA Cergy, ENSEEIHT Toulouse, ENST Bretagne, ESIEE Amiens et Paris, INSA Lyon, Rennes et Toulouse, Télécom INT).

***

CONCLUSION
Le foisonnement d’initiatives et de réflexions en cours actuellement dans les Grandes Ecoles constitue un formidable levier de réussite pour tous et une mine d’expériences à partager, en lien notamment avec le projet « 100 000 lycéens, 100 000 tuteurs » dans lequel la CGE s’est engagée. Le partage d’expériences au sein de la CGE va d’une part permettre aux établissements d’éviter les erreurs et de repérer les bonnes pratiques d’ouverture sociale et d’autre part de les stimuler dans la poursuite de leurs efforts.

ACTUALITES 2008

Quelques chiffres en 2007 :

- Plus de 100 écoles de la CGE impliquées dans une opération d’ouverture sociale ou un dispositif d’égalité des chances, soit dans le cadre de l’un des dispositifs nationaux, soit localement, en partenariat avec des collectivités territoriales par exemple. 57 d’entre elles s’étaient impliquées dès le lendemain de la signature de charte.
- 30 projets de type PQPM (« Une grande école : pourquoi pas moi ? ») , ont accueilli des jeunes cette année :

    • Ils ont accompagné plus de 1 250 jeunes au total, - 2 000 prévus l’an prochain -,
    • scolarisés dans 83 établissements scolaires,
    • à travers un tutorat régulier assuré par 400 étudiants (600 l’an prochain),
    • qui ont dispensé 24 000 heures de tutorat,
    • pour un accompagnement moyen de 75 heures dans l’année pour chaque jeune : tutorat, aide à l’orientation, ouverture culturelle, .. 43 % de ces établissements sont en région parisienne : écoles de commerce pour un tiers, écoles d’ingénieurs et écoles normales supérieures.
    • Plusieurs projets nouveaux sont en cours de montage pour l’an prochain sur ce modèle
      - De nombreuses écoles sont impliquées dans des dispositifs nationaux : « 100 000 étudiants pour 100 000 élèves », « Ecole Ouverte », « Main à la pâte », « Un pont pour l’avenir »,…
      - Des projets novateurs originaux ont été mis en place dans d’autres : Projet OPTIM, « Ingénieur : pourquoi pas moi ? », « Convention diversité », projet de Supméca, etc…
      - D’autres encore s’impliquent au côté d’autres porteurs de projets, comme la vingtaine d’écoles impliquées dans le « Cercle passeport promotions télécoms » initié par SFR
      - D’autres enfin ont mis en place des modalités pédagogiques, financières, informatives,… pour favoriser l’ouverture sociale.

      A ces initiatives prises par les institutions s’ajoutent les actions traditionnelles menées par les associations d’étudiants.

      Perspectives
      Pour 2008, le Groupe Ouverture Sociale s’est fixé de nouveaux objectifs :
      - accompagner la montée en puissance de ces dispositifs et le démarrage de nouveaux projets,
      - évaluer ces dispositifs par une grande étude d’impact sur les différents publics concernés,
      - élargir les échanges avec les CPGE qui sont également mobilisées sur la question
      - mettre l’expérience acquise au service de la définition des politiques publiques en la matière.

     

Contact  : Chantal DARDELET, Pôle Ressources Ouverture Sociale de la CGE (tél : 01.34.43.28.44 – mél : dardelet@essec.fr)


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