Equipage «marsonaute» : 7 étudiants de l’ISAE-SUPAERO participent à une simulation de vie sur Mars - CGE

Equipage «marsonaute» : 7 étudiants de l’ISAE-SUPAERO participent à une simulation de vie sur Mars

Du 17 février au 11 mars 2018, 7 étudiants ingénieurs ISAE-SUPAERO vivront une expérience insolite d’astronautes à bord d’un habitacle installé dans le désert de l’Utah (USA). Une mission destinée à développer les connaissances scientifiques pour l’exploration humaine de Mars.

L’intérêt que suscite la planète Mars pour les scientifiques conduit les agences spatiales à mener régulièrement des programmes d’exploration : sondes, atterrisseurs, rovers,… La Mars Society, organisation internationale de passionnés de l’espace, contribue à travers ses actions à promouvoir l’aventure spatiale auprès du public. Depuis 2001, son programme « Mars Desert Research Station (MDRS) » permet, grâce à une station de recherche implantée dans le désert de l’Utah aux Etats-Unis, d’étudier de possibles habitats martiens dans un environnement assez semblable à celui de la planète rouge.

Sélectionné par la Mars Society, l’équipage ISAE-SUPAERO nommé MDRS 189 se prépare à vivre l’aventure. Victoria et Louis, qui faisaient partie de la mission l’an dernier, seront au commandement. A leurs côtés participeront Laurent, Jérémy, Benoit, Gabriel et Alexandre, étudiants en 2eme année. Ils ont en moyenne 21 ans, ils ambitionnent des carrières dans le spatial, astronautes pourquoi pas, sur les pas de leurs aînés Jean-François Clervoy ou Thomas Pesquet, formés également à l’ISAE-SUPAERO. Victoria est persuadée que sa génération verra le premier voyage vers Mars : «Mon rêve serait de faire partie des prochaines missions lunaires et martiennes ! Ces simulations sont des expériences hors du commun pour mettre en pratique tout ce qui nous est enseigné et également pour étudier l’impact de l’isolement et du confinement sur l’être humain.»

Durant leur mission, chaque «marsonaute» aura un rôle opérationnel à l’image des équipages professionnels : ingénieur de bord, astronome, biologiste – greenhab officer, responsable santé et sécurité, journaliste. Leur cadre de vie : un paysage analogue à Mars, un habitacle cylindrique de 8 mètres de diamètre, une salle de préparation pour les sorties extravéhiculaires en combinaisons spatiales, l’observatoire, le greenhab (la serre)…

Cet environnement sera le terrain des expériences qu’ils mèneront pour des laboratoires de recherche. On peut citer par exemple :

  • La mesure de particules fines grâce à un instrument de nouvelle génération développé par le laboratoire de Physique et de Chimie de l’Environnement et de l’Espace du CNRS d’Orléans.
  • L’étude des propriétés du champ électrique martien grâce à un instrument (MicroAres) déployé et adapté par le Laboratoire Atmosphères, Milieux, Observations Spatiales (Sorbonne Universités).
  • Le test de performance de panneaux solaires en environnement spécifique associé au développement d’un système de nettoyage performant de très fines poussières.

Cette année, le laboratoire de recherche de l’ISAE-SUPAERO qui travaille sur la conception des systèmes spatiaux avancés confie à l’équipage MDRS deux expériences relatives au comportement humain. Une première étude s’intéressera au comportement de l’équipage contraint à une situation de confinement de longue durée. Une deuxième étude sur l’impact de la hiérarchie et les relations d’autorité en situation de stress sera conduite. «Une telle expédition est une opportunité exceptionnelle, pour l’équipe de recherche de notre laboratoire, de valider nos moyens expérimentaux et de dérouler nos procédures de tests en conditions opérationnelles. Nous sommes impatients de recueillir les données de mesures et d’enrichir nos modèles» explique Stéphanie Lizy-Destrez enseignant-chercheur en Conception et Opérations des Systèmes Spatiaux.

Depuis quatre ans, la participation des étudiants de l’ISAE-SUPAERO aux missions MDRS permet de bénéficier des retours d’expérience des précédents équipages pour améliorer la préparation du dispositif expérimental et travailler sur des sujets en lien avec les problématiques de chercheurs investis dans l’étude de cette planète.

Il y a fort à parier que les jeunes étudiants embarqués dans cette mission seront dans l’avenir au cœur des programmes d’exploration…

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