Flash info DD : Un véhicule solaire comme projet pédagogique. Entretien avec Claude-Gilles Dussap, directeur de Polytech’ Clermont-Ferrand et une sélection des actualités DD dans les écoles - CGE

Flash info DD : Un véhicule solaire comme projet pédagogique. Entretien avec Claude-Gilles Dussap, directeur de Polytech’ Clermont-Ferrand et une sélection des actualités DD dans les écoles

Membre fondateur du réseau Polytech et grande école d’ingénieurs interne à l’Université Blaise Pascal, Polytech’Clermont-Ferrand a bâti sa réputation depuis 40 ans sur la formation de plus de 5 000 ingénieurs de haut niveau capables de relever les défis du 21ème siècle. Dès sa création, l’école, Centre Universitaire des Sciences et Techniques de l’Université Blaise Pascal (ex CUST), a formé des ingénieurs dans cinq grands domaines de spécialité qui s’inscrivent dans les cinq domaines du réseau Polytech : Génie Biologique, Génie Civil, Génie Electrique, Génie Mathématique et Modélisation et Génie Physique. Depuis deux ans, un sixième diplôme par la voie de l’apprentissage en Génie des Systèmes de Production a été ouvert.

CGE :
Pouvez vous nous parler du projet de véhicule solaire Bélénos ?

Claude-Gilles Dussap (CG.D.) : Il s’agit d’un projet démarré en 2005 et inscrit dans le cursus de la section Génie physique (GP). Il vise à promouvoir les énergies renouvelables et explorer de nouveaux débouchés. Concrètement, le véhicule est un monoplace à propulsion électrique à trois roues, il peut atteindre une vitesse maximale de 85 km/h pour une masse totale de 180 kg. La partie supérieure de son châssis en matériaux composites est recouverte de cellules photovoltaïques formant une surface totale de plus de 5 m².

CGE : Il y a donc eu plusieurs promotions engagées sur ce projet ?

CG.D. : Oui, il s’agit d’un projet progressif, nous en sommes déjà à la troisième promotion. Chaque promotion de Polytech’ consacre 25 % de son temps sur deux ans à un projet pédagogique de ce type, par exemple la section Génie physique a aussi travaillé sur le moteur Stirling et l’éolienne à effet Magnus.

CGE : Quels moyens sont mobilisés pour le projet Bélénos ?

CG.D. : Pour chaque promotion il y a de 12 à 18 élèves-ingénieurs encadrés par 2 enseignants. Les équipes de projet ainsi constituées sont non seulement responsables de la conception et des évolutions techniques du véhicule mais aussi de la collecte des fonds. A ce jour 50 000 euros ont été mobilisés, dont la majeure partie à des fins pédagogiques auprès de sponsors locaux, seules quelques briques technologiques ont pu faire l’objet d’un financement par OSEO (anciennement ANVAR).

CGE : Que pouvez vous nous dire de l’intérêt pédagogique d’un tel projet ?

CG.D. :
La valorisation pédagogique est bien sûr variable selon les promotions, qui ne sont pas toutes aussi imaginatives. Mais globalement un projet tel que Bélénos garantit l’acquisition d’un certain nombre de compétences très recherchées par les entreprises, notamment la capacité à prendre des initiatives et à travailler en équipe. Le principe repose sur la responsabilisation et l’autonomisation des élèves-ingénieurs, qui sont mis en situation réelle ou presque. Les enseignants les encadrant ne sont là que pour les guider vers un objectif, piloter le projet sur la durée et leur fournir des conseils. Le but est de mettre les élèves en position de demande d’un approfondissement technique, économique ou environnemental.

CGE : Les enseignants sont ils formés à cette approche pédagogique ?

CG.D. : Cela fait plus de 25 ans qu’ils travaillent comme cela ; la transmission de ce savoir-faire se fait en interne, nous en sommes déjà à la deuxième génération d’enseignants. De plus nous faisons appel à des intervenants issus d’entreprises partenaires comme Michelin ou Limagrain, qui viennent enseigner la gestion de projet à nos élèves et c’est aussi l’occasion pour les enseignants d’apprendre.

CGE : C’est une autre façon de concevoir l’enseignement ?

CG.D. : Oui et cela ne veut pas dire moins de temps de travail pour les enseignants, bien au contraire. Par contre il se déplace en amont des projets car la planification des travaux transversaux demande beaucoup de préparation. Ces projets sont donc plus coûteux qu’un enseignement classique en terme d’enseignants mais, en plus de l’intérêt pédagogique évoqué précédemment, ils favorisent l’interdisciplinarité pour les enseignants comme pour les élèves, du moins dans les domaines techniques qui nous concernent.

CGE : Si l’on considère les enjeux environnementaux, sociaux et économiques auxquels sont et seront confrontés les futurs ingénieurs, il semble que cette approche pédagogique réponde aux besoins de compétences des entreprises, ne faut-il pas la systématiser ?

CG.D. : Oui c’est une des réponses. Quant à la systématiser, vu du siège de directeur je suis d’accord mais ce serait plus dur pour les enseignants et il faut tenir compte de l’énergie que cela demande aux étudiants aussi, il faut leur lâcher du lest de temps en temps. Quoi qu’il en soit, il est hautement souhaitable d’augmenter le temps passé par les étudiants sur des projets, s’approcher des 50 % n’est pas inconcevable à mon sens.

CGE : Vous dites que c’est une des réponses, ce n’est donc pas la seule ?

CG.D. : Oui, par exemple les jeunes expriment aujourd’hui une demande très forte par rapport aux sujets sociétaux et nous avons décidé collégialement d’y répondre en introduisant depuis trois ans les sciences de l’entreprise et les sciences humaines (anglais, communication, psychosociologie) dans les cursus de nos élèves-ingénieurs. D’une certaine façon, depuis trois ans, le développement durable concerne tous nos départements, discipline par discipline, tout au long de l’année. Il nous faudra encore un an ou deux, soit les années d’expérience en entreprise des deux premières promotions, pour commencer à évaluer la pertinence de cette nouvelle orientation pédagogique. Mais nous sommes tous convaincus que c’est la bonne voie. Certaines entreprises nous recommandent de ne pas négliger les compétences techniques, et nous en tenons compte, ce n’est qu’une question de dosage.

CGE : Qu’apportent les sciences humaines dans une école d’ingénieur ?

CG.D. : La formation devient alors horizontale, entre les étudiants, nous cherchons à cultiver leur ouverture d’esprit et leur regard critique. A cet égard, les sciences humaines sont indispensables pour leur apprendre à se distancier d’une information pléthorique, omniprésente et de qualité très différente. Nous organisons même un concours de nouvelles (5 à 10 pages) à destination de nos élèves. A ce propos je regrette que la philosophie soit de moins en moins enseignée dans les lycées. La capacité à synthétiser l’information est aussi un grand enjeu et on ne sait pas encore bien l’enseigner.

CGE :  L’enseignement classique ne sait pas développer ces capacités ?

CG.D. : L’enseignement classique est aujourd’hui trop vertical. Je crois que l’on n’a pas bien pris la mesure ni des enjeux actuels et futurs ni des caractéristiques des nouvelles générations d’élèves, qui sont singulièrement différentes des nôtres. Les générations actuelles sont en permanence connectées et elles requièrent des approches pédagogiques adaptées pour arriver à les maintenir éveillées tout au long de leur parcours. A cet égard, je ne suis pas sûr que les classes prépa soient, à ce jour, les plus adaptées pour répondre à ces nouveaux enjeux, qu’ils soient sociétaux ou générationnels, ni qu’elles puissent répondre à la demande du marché puisque l’on prévoit une pénurie d’ingénieurs dans les années à venir. Elles sont par contre très adaptées à la sélection.

Actualités DD dans les écoles

Les nouveaux locaux de l’Ecole des Mines de Nancy sur le campus ARTEM seront exemplaires en matière de développement durable. Chaque élément de la composition urbaine proposé pour Artem-Nancy intègre des préoccupations environnementales et énergétiques, avec la mise en oeuvre de puits canadien, capteurs photovoltaïques, récupération des eaux de pluie, ventilation naturelle.

Le 20 mai 2011, l’ESIGELEC, grande école d’ingénieurs basée à Rouen, a récompensé lors du Trophée de l’Ingénieur Durable les meilleurs projets de ses étudiants en faveur du développement durable.

L’INP-ENSAT a accueilli le symposium international « Biocontrol of Grapevine Diseases » les 26 et 27 mai 2011. Ce symposium avait pour objectif de fournir un échange de haut niveau sur les avancées les plus récentes sur le développement et l’utilisation de moyens de lutte biologique pour réduire l’impact des maladies de la vigne.

La CGE adhère à la SNB

La CGE vient d’adhérer à la SNB Stratégie nationale pour la biodiversité : elle constitue la réponse de la France à la Convention sur la diversité biologique et son plan stratégique ; elle s’articule avec la stratégie européenne pour la biodiversité et les directives euroépennes ; elle est un des 9 défis de la Stratégie nationale du développement durable et répond aux engagements du Grenelle de l’environnement.

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