La mauvaise orientation, facteur important du décrochage scolaire - CGE

La mauvaise orientation, facteur important du décrochage scolaire

L’EPIDE publie l’enquête 2016 sur le profil des volontaires

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Mieux évaluer les vulnérabilités des jeunes qui deviennent volontaires : tel est l’objectif de l’EPIDE qui a réalisé pendant plusieurs mois une étude auprès de 1044 jeunes intégrés en 2016. Une étude publiée ce jeudi 5 octobre.

L’Etablissement pour l’insertion dans l’emploi (EPIDE) vient de publier sa dernière étude* portant sur le profil des volontaires ayant intégré le dispositif. Le questionnaire portait sur neuf thématiques : la famille, l’école, le logement, la mobilité, le travail, les revenus, la justice, les activités et la santé. Objectif : mieux évaluer les vulnérabilités des volontaires en prenant en compte l’ensemble des dimensions de leur vie avant leur entrée à l’EPIDE.

Une jeunesse et des relations familiales souvent difficiles

Premier enseignement de cette enquête, les jeunes accueillis à l’EPIDE sont issus de familles nombreuses, c’est-à-dire de trois enfants au moins (84%), et pour 65% d’entre eux vivent au sein d’une famille monoparentale. Une proportion largement supérieure à celle de l’ensemble des jeunes de moins de 25 ans en France (17,7%) d’après les chiffres de l’INSEE.

En 2016, les volontaires intégrés ont aussi été confrontés à des situations financières précaires (40,86%) et/ou des climats de disputes (39,46%). Près de 21% des volontaires  ont été placés en famille d’accueil ou en foyer. Au total, plus de deux tiers d’entre eux (64%) déclarent avoir connu, par le passé, des situations difficiles au sein de leur famille.

L’enquête met en lumière les difficultés familiales qu’ont pu rencontrer les jeunes accueillis à l’EPIDE et leur impact sur les trajectoires de vie et plus particulièrement sur le décrochage scolaire.

Malgré ce passif, parfois lourd, les volontaires entretiennent des contacts réguliers avec leur famille. Au moins une fois par semaine avec leur père pour 55% d’entre eux et pour 74% avec leur mère. Toutefois, un tiers des volontaires (34%) ne voit qu’occasionnellement, ou plus du tout leur père. Ils ne sont plus que 20% dans cette même situation avec leur mère. 67% des volontaires continuent toutefois de vivre chez leur père ou leur mère et 13% chez un membre de leur famille. 8% subissent enfin une situation instable de logement (foyer, squat, hôtel, sans domicile).

La mauvaise orientation, facteur important du décrochage scolaire

S’ils ont tous entre 18 et 25 ans, et sont sans qualification et sans diplôme, l’enquête a permis de préciser leur situation et plus particulièrement leur parcours scolaire. L’insatisfaction à l’égard du parcours scolaire connaît une hausse significative de 14 points par rapport à 2013, pour atteindre 80% d’insatisfaits parmi la population étudiée en 2016.

Ces jeunes sont principalement des primo-décrocheurs ayant quitté l’institution scolaire majoritairement avant 19 ans (85%) et parfois même à 16 ans ou avant (29,73%). Parmi les motifs principaux d’abandon de leur cursus, les erreurs d’orientation scolaire. En 2016, 30% des volontaires déclarent que celles-ci sont à l’origine de leur décrochage.

Leurs parcours scolaires sont par ailleurs marqués par l’échec, comme en témoigne le niveau de redoublement. 82% des volontaires ont ainsi redoublé au moins une fois pendant leur scolarité, et même plusieurs fois pour 20,83% des jeunes. Les jeunes ayant intégré l’EPIDE sont donc nettement plus exposés au redoublement que les jeunes scolarisés jusqu’en troisième en France.

Pour autant, les volontaires adhèrent aux missions de l’institution scolaire, pour une large majorité (83,94%). La vie sociale permise au sein de l’institution scolaire est fortement valorisée. Surtout, 60% des volontaires estiment que l’école est utile pour avoir un emploi.

Des jeunes très touchés par le chômage et l’inactivité

Avant d’intégrer le dispositif, les volontaires n’étaient majoritairement ni en emploi, ni en étude, ni en formation. Malgré des démarches pour accéder au marché du travail, ils ont peu ou pas d’expérience professionnelle et leur réseau professionnel est restreint. Ainsi, l’absence de revenus ou la perception de minima sociaux les placent en situation de précarité économique.

En 2016, trois volontaires sur quatre (74%) se déclarent NEET (« not in employment, education or training »), contre 15% pour les 15-25 ans en France. Leur taux de chômage atteint (83%) et est donc nettement plus élevé que celui des 15-29 ans en France (19%).

Pour autant, ces jeunes ont effectué des démarches pour trouver un emploi, avant leur intégration à l’EPIDE. 89% d’entre eux s’étaient inscrits à la Mission Locale et 79% à Pôle Emploi.

Malgré ces démarches, ils demeurent peu expérimentés sur le marché du travail, puisque 43,5% d’entre eux n’ont jamais travaillé. Une situation qui entraîne une forte précarité économique puisque 80% d‘entre eux percevaient moins de 500 euros par mois. 26% sont même touchés par une situation d’endettement.

Nathalie Hanet, directrice générale de l’EPIDE, précise « L’analyse des résultats d’activité 2016 nous avait déjà confirmé le recentrage de l’action de l’EPIDE sur les primo-décrocheurs. Cette étude nous éclaire de façon détaillée sur les difficultés multiples qu’ils rencontrent et qu’il leur faut dépasser ou résoudre pour réussir leur insertion professionnelle ». Pour ces jeunes, ajoute-t-elle, « la prise en charge à la fois globale et individualisée proposée par l’établissement est incontestablement facteur de réussite. Elle leur offre un cadre sécurisant dans lequel se reconstruire ».

Ces données seront prochainement complétées par celles d’une nouvelle étude, conduite par l’IFOP pour l’EPIDE, relative au devenir des volontaires à six, douze et dix-huit mois après leur sortie du dispositif.

*Enquête réalisée par questionnaire du 22 septembre 2016 au 23 janvier 2017 auprès de 1044 volontaires intégrés au cours des promotions d’août, octobre et décembre 2016.

A propos de l’EPIDE

Placé sous la tutelle des ministères chargés du Travail et de la Cohésion des territoires, l’EPIDE – Etablissement pour l’insertion dans l’emploi – est un acteur reconnu de l’insertion des jeunes de 18 à 25 ans sortis du système scolaire sans diplôme ni qualification professionnelle. Dans ses 19 centres, ces jeunes – les volontaires de l’EPIDE- sont accueillis en internat, dans un cadre structuré, où ils vivent les valeurs de la République au quotidien. Construire et réussir son projet professionnel ; acquérir une formation générale et spécialisée ; apprendre à prendre soin de soi et des autres sont les objectifs partagés par les volontaires et les 1100 professionnels qui les accompagnent. La force de l’EPIDE, c’est aussi son réseau de partenaires. Un nombre toujours croissant d’employeurs accordent leur confiance aux volontaires en leur proposant un stage ou un emploi. Depuis sa création en 2005, l’EPIDE a formé près de 30 000 citoyens responsables. L’EPIDE révèle le quotient citoyen des volontaires comme celui de celles et ceux qui s’engagent à leurs côtés.

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