Recherche & innovation

On pense traditionnellement qu'il existe un lien fort entre recherche fondamentale, recherche appliquée et innovation. La CGE défend une « vision élargie de l’innovation », qui ne soit pas simplement réduite à l’innovation technologique.

La vision traditionnelle est en décalage par rapport aux pratiques actuelles des entreprises. Ainsi, l’innovation peut naître d’un travail sur les usages, sur les processus de production ou de prestation de services et sur les modèles économiques. Même pour les innovations technologiques, une analyse des usages constitue un facteur essentiel de succès commercial. L’innovation ne saurait être réduite à la recherche et au nombre de brevets. Pour qu’une entreprise soit innovante, elle doit prendre en compte d’autres éléments fonctionnels et organisationnels, notamment le marketing, le design et la créativité.

La France s’est traditionnellement davantage intéressée à l’invention qu’à l’innovation. Celle-ci a vocation à être adoptée par des utilisateurs, des clients, des employés : elle doit donc avoir un marché. Le marketing, le design, l'ingénierie, la créativité, « le sens de l'air du temps » occupent une place importante dans l'innovation. Il ne faut donc pas se concentrer sur une seule source de l'innovation, la recherche, au risque de renforcer la tendance qui se limite à une vision purement technique du progrès et de l'évolution économique.

L’innovation résulte d’un processus à long terme, où les succès sont rares et où la quantité des projets permet l’équilibre économique de l’ensemble. La quantité est une condition nécessaire à la qualité : on ne peut fonctionner en entonnoir en sélectionnant très tôt les projets à développer. D’où la nécessité pour les entreprises et les pouvoirs publics de ne pas se focaliser sur l’innovation de rupture, difficile à prévoir, à planifier et donc à stimuler. De même, l’innovation ne peut être considérée comme l’apanage de certains secteurs ou des seuls grands groupes.