L. Batsch : "L’établissement est grand…" - CGE

L. Batsch : « L’établissement est grand… »

Avec l’aimable autorisation de Newstank

« Le grand établissement était donc voué à devenir un collector, un vestige, une friche lorraine. Status horribilis. Or, la même loi de 2013 qui destituait le grand établissement, instituait la Comue. Il n’aura pas fallu attendre quatre ans pour que les Comue se délitent, se rebiffent, et pour certaines, réclament leur transformation en “grand établissement“ : le comble de l’hérésie », écrit Laurent Batsch, dans une chronique pour News Tank, le 22/12/2017.

Le  « grand établissement » : hier stigmatisé, aujourd’hui recherché

L’acceptation de l’orientation à l’entrée en Licence, de même que la reconnaissance de la sélection à l’entrée en Master sont des signes, parmi d’autres, de l’évolution de l’opinion commune souvent prêtée aux universitaires. Il est vrai que la critique des incohérences de notre système s’est largement répandue. Avec le recul, on prendra mieux la mesure de cette évolution.

Il en va de même du « grand établissement », hier stigmatisé, aujourd’hui recherché. La catégorie fourre-tout des grands établissements est réunie par un principe de dérogation au droit commun des universités, mais les voies de la dérogation statutaire sont diverses.

La voie la plus récente fut empruntée par l’Université de Lorraine en 2012, après Paris-Dauphine en 2004.

D’autres universités étaient sous le coup de la tentation. À Toulouse, la clause dérogatoire était près du Capitole ; les Jacobins, détachés du Couvent, mais attachés à cloîtrer tous les statuts, firent savoir que le grand établissement n’aurait plus voix au chapitre. Vade retro diversitas !

En effet, la loi de 2013 s’employa à exorciser le mal. Le statut dérogatoire ne fut plus reconnu qu’aux établissements « de fondation ancienne et présentant des spécificités liées à leur histoire » et à ceux « dont l’offre de formation ne comporte pas la délivrance de diplômes pour les trois cycles de l’enseignement supérieur ».

Status horribilis

Le grand établissement était donc voué à devenir un collector, un vestige, une friche lorraine. Status horribilis. Or, la même loi de 2013 qui destituait le grand établissement instituait la Comue. Il n’aura pas fallu attendre quatre ans pour que les Comue se délitent, se rebiffent, et pour certaines, réclament leur transformation en « grand établissement » : le comble de l’hérésie.

Évoquant l’avenir des regroupements d’établissements, le président de la CPU, Gilles Roussel, a récemment déclaré : « Modifier les statuts représente une énergie considérable. Certains sites vont préférer expérimenter, mais d’autres pourraient entrer tout de suite dans un statut de grand établissement ». Ite missa est.

Quatre ans, seulement… « Le temps passe très vite, à certaines époques » (brève de cafeteria Crous).

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