A. Poitou : I-site nantais : « Centrale Nantes a vocation à redevenir fondateur » - CGE

A. Poitou : I-site nantais : « Centrale Nantes a vocation à redevenir fondateur »

Avec l’aimable autorisation de Newstank

Centrale Nantes travaille avec l’Université de Nantes « de la façon la plus fluide possible : nous nous voyons dans le bureau du steering committee [comité d’organisation]. Ce bureau rassemble les trois fondateurs de l’I-site Next (Université de Nantes, CHU, Inserm) et l’observateur qu’est Centrale Nantes et qui a vocation à redevenir fondateur », déclare Arnaud Poitou, directeur de Centrale Nantes depuis le 15/01/2018, à News Tank, le 21/02/2018.

« Nous avons eu un délai de six mois pour contractualiser avec l’ANR. Mais il y aura une réunion avec l’ANR, préalable au contrat, probablement fin avril, afin de bien valider tous les points. En réalité, nous avons donc jusqu’à cette date pour boucler le dossier », indique-t-il, au sujet de l’avancée de l’I-site Next.

Selon lui, si « l’I-site doit boucler son modèle de gouvernance, il est déjà opérationnel sur les projets. Les actions ont déjà démarré : un premier budget a été attribué, des AAP ont été lancés pour des projets scientifiques et des projets de formations : ils sont en cours de sélection ».

Il revient également, pour News Tank, sur sa nomination au poste de directeur en janvier 2018. En septembre 2017, il n’avait pas été reconduit par la ministre pour un second mandat, après un vote par le CA de l’école, en juillet 2017, décidant d’arrêter les négociations avec l’université autour de la mise en oeuvre de l’I-site.

Après une nouvelle procédure de candidature, Arnaud Poitou a finalement été nommé. Son projet reposait sur trois éléments, qu’il détaille à News Tank :

  • l’ambition pour l’école de renforcer ses trois piliers : l’industrie, la transition énergétique et la santé
  • faire du numérique un élément transversal de l’école dans le fonctionnement de l’établissement, dans la formation et la recherche
  • faire émerger l’école — seule ou avec d’autres — à la 200e place d’un classement international (que nous n’avons pas encore déterminé). « Dans cinq ans, j’aurais réussi mon mandat si Centrale Nantes a atteint ce troisième objectif, qui découle des deux premiers. »

 

Arnaud Poitou répond à News Tank 

Comment percevez-vous votre nomination alors qu’a l’été vous n’aviez pas été reconduit par la ministre Frédérique Vidal ?

Arnaud Poitou : Elle m’honore à plus d’un titre : c’est le fruit du souhait du CA de l’école de me voir continuer et de la confiance que me fait Frédérique Vidal sur cette fonction-là. Je suis nommé avec mon projet, c’est davantage cela qui est sur la table que ma personne.

Ma candidature reposait sur trois éléments :

  • l’ambition pour l’école de renforcer ses trois piliers : l’industrie, la transition énergétique et la santé ;
  • faire du numérique un élément transversal de l’école dans le fonctionnement de l’établissement, dans la formation et la recherche ;
  • faire émerger l’école — seule ou avec d’autres — à la 200e place d’un classement international (que nous n’avons pas encore déterminé).

Dans cinq ans, j’aurais réussi mon mandat si Centrale Nantes a atteint ce troisième objectif, qui découle des deux premiers.

 

Vous êtes en poste depuis le 15/01/2018 tandis que la mission d’Armel de la Bourdonnaye comme administrateur provisoire de l’école était de « mettre en place rapidement un nouveau concours de recrutement pour que le poste puisse être pourvu d’ici le 01/01/2018 ». Pourquoi ce délai ? Comment s’est passée la nomination ?

Je n’ai pas de réponse à cette question. Pour moi, la date de nomination n’était pas indiquée au 01/01/2018. Le CA de l’école a eu lieu fin décembre [le 11/12/2017], puis le ministère est passé par ses différents processus. Cela me semble logique d’atteindre le 15/01/2018.

 

Avez-vous rencontré les différents acteurs pendant cette période ? Avez-vous dû convaincre de votre position ?

J’ai rencontré le cabinet de la ministre juste avant la date de ma nomination : nous avons discuté de l’I-site. Ma nomination n’était pas en cause : ma position était déjà connue, ayant déjà envoyé un courrier à l’automne et défendu mon projet en CA.

 

Après quatre mois d’absence, comment vous réappropriez-vous les chantiers en cours de l’école ?

J’ai commencé pendant trois semaines à rester plutôt à l’intérieur de l’école, pour m’imprégner des nouveaux dossiers. Car il se passe des choses dans une école en quatre mois : de l’opérationnel, de l’international, mais aussi des activités contractuelles. L’école doit chercher 30 M€ de ressources propres par an. Chaque trimestre, il faut donc lancer de nouveaux projets nouveaux pour trouver 9 M€.

 

«  J’ai voulu expliquer au personnel et aux étudiants quelle était ma démarche   »

 

Par ailleurs, j’ai voulu expliquer aux personnels et aux étudiants quelle était ma démarche et ce sur quoi je m’étais engagé au CA. Nous avons donc organisé une sorte d’AG du personnel ainsi qu’une réunion avec les étudiants, pour bien marquer mon nouveau mandat.

Il y a d’autres éléments marquants et points forts, actuellement, pour l’école :

  • dans l’entrepreneuriat : nous avons fait un bilan récent de notre incubateur commun avec Audencia et l’Ensa Nantes : 200 emplois ont été créés dans les entreprises abritées, c’est en plein essor ;
  • sur l’internationalisation de l’école : tous nos étudiants partent six mois et beaucoup partent deux ans. Nous accueillons 42 % d’étudiants internationaux et nous développons notre campus à l’île Maurice. Enfin, nous travaillons sur le recrutement d’enseignants-chercheurs internationaux.

 

Concernant la question de l’I-site, essentielle pour Centrale Nantes et qui a eu un rôle dans votre trajectoire de directeur : où en êtes-vous ? Avez-vous pu obtenir un délai avec l’ANR ?

Oui, nous avons eu un délai de six mois pour contractualiser avec l’ANR. Mais il y aura une réunion avec l’ANR, préalable au contrat, probablement fin avril, afin de bien valider tous les points. En réalité, nous avons donc jusqu’à cette date pour boucler le dossier.

 

Comment cela se passe avec vos partenaires, notamment avec l’Université de Nantes ?

Nous sommes dans une situation très positive et apaisée avec tous les partenaires. Ma position était de ne pas repartir dans une négociation qui pouvait être compliquée et qui aurait demandé du temps, alors que nous n’en avions pas.

 

«  Nous regardons là où il y a des écoles Centrales dans des I-site ou des Idex.  »

 

Nous avons donc convenus de choisir parmi des modèles de rapprochement université/école d’ingénieurs qui existent : nous regardons là où il y a des écoles Centrales dans des I-site ou des Idex.

  • Nous sommes notamment très attentifs au modèle de l’Université Paris-Saclay, dans lequel CentraleSupélec reste un établissement au sein de l’université.
  • Autre possibilité : la situation d’Aix-Marseille, avec une école Centrale qui est membre fondateur de l’Idex et en contrat d’association avec l’université.

Enfin, il y a une position de repli que personne ne souhaite, je pense : à défaut d’avoir une position commune, nous pourrons, à l’instar d’IMT Atlantique à Nantes, être simplement partenaires de l’I-site.

 

Comment travaillez-vous avec l’Université de Nantes ?

Nous travaillons de la façon la plus fluide possible : nous nous voyons dans le bureau du steering committee [comité d’organisation]. Ce bureau rassemble les trois fondateurs (Université de Nantes, CHU, Inserm) et l’observateur qu’est Centrale Nantes et qui a vocation à redevenir fondateur. C’est le lieu le plus naturel pour nos discussions.

Nous nous voyons également au steering committee qui rassemble tous les partenaires (les quatre cités précédemment ainsi que l’Iffsttar, l’Inra, l’Oniris, IMT Atlantique, l’Institut de cancérologie de l’Ouest et les représentants des CCI et des collectivités).

 

«  Est-ce que les relations sont difficiles avec l’université de Nantes ? La réponse est non  »

Si la question est « est-ce que les relations sont difficiles avec l’Université de Nantes ? », la réponse est non, elles sont plutôt sympathiques.

Avez-vous réglé la question de la gestion RH du pôle qui rassemblera Centrale Nantes, les trois IUT (Nantes, Saint-Nazaire, La Roche-sur-Yon), Polytech et l’UFR sciences et techniques ?

Cette question est dernière nous : l’Université de Nantes comme Centrale Nantes ont constaté qu’il n’était pas possible de mettre en œuvre le projet déposé. Nous choisirons donc un système différent, sur le modèle de Paris-Saclay ou de Marseille.
Quand vont démarrer les actions de l’I-site ?

 

«  Les actions ont déjà démarré  »

L’I-site doit boucler son modèle de gouvernance, mais il est déjà opérationnel sur les projets. Les actions ont déjà démarré : un premier budget a été attribué, des AAP ont été lancés pour des projets scientifiques et des projets de formations : ils sont en cours de sélection.
Ainsi, nous avons des projets pour faire venir des hauts potentiels à Nantes. Et nous avons des projets interdisciplinaires, à la frontière entre ingénierie et santé, qui seront dotés d’environ 200 k€ chacun.

Et quelles sont vos relations avec les deux autres fondateurs : l’Inserm et le CHU ?

Nous avons d’excellentes relations avec le CHU, et cela date d’avant l’I-site. Ainsi, nous avons un gros projet pédagogique sur l’hôpital du futur : un groupe de 15 étudiants travaille pendant un an sur la question de la maison connectée pour la santé.

Par ailleurs, nous avons été retenus – avec le CHU de Nantes, le CHU d’Angers, l’Institut de cancérologie de l’Ouest, l’Université de Nantes et l’Université d’Angers – comme Siric, à la suite d’un AAP national [l’Institut national du cancer a labellisé huit Siric pour cinq ans, le 15/12/2017, le projet Iliad, porté par le CHU Nantes – Hôtel Dieu (Nantes-Angers) était labellisé pour la première fois]. Centrale Nantes se charge de la question du traitement de données.

 

Quelle est votre perception d’IMT Atlantique, école d’ingénieurs généraliste, créée il y a un an et dont l’un des pôles est à Nantes ?

Dans le cadre de la CRGE — présidée par Anne Beauval, directrice déléguée d’IMT Atlantique —, nous collaborons avec les autres acteurs de l’ingénierie présents à Nantes, que ce soit IMT Atlantique, l’Icam, l’Oniris ou l’ESB.

L’IMT Atlantique et l’Oniris se positionnent comme partenaires de Centrale Nantes. Il n’y a pas de compétition entre nous : la compétition se joue à l’international.

 

Dans son rapport publié le 07/02/2018, la Cour des comptes dressait un « premier bilan alarmiste » de l’ENSM et proposait la « fermeture des sites de Nantes et Saint-Malo » et « l’hébergement de formations de l’ENSM par les établissements d’enseignement locaux (école centrale dans le premier cas, lycée professionnel maritime dans le second), dans le cadre de partenariats ». Quelle est la position de Centrale Nantes sur ce dossier ?

Nous n’avons pas été informés spécifiquement de cette possibilité de reprise des formations de l’ENSM. Aujourd’hui, nos projets avec cette école sont pertinents : il est intéressant que cette école puisse s’appuyer sur une école d’ingénieurs comme la nôtre, reconnue dans le domaine maritime, afin, de donner une dimension ingénierie à ses étudiants.

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