#SIESH – Frein à l’accès aux soins et à l’accès thérapeutique

Une des remontées les plus fréquentes concerne la difficulté d’accès au traitement médical dans le pays d’accueil. Certains médicaments n’existent pas dans l’ensemble des pays, ou ont une composition différente du traitement initial. De plus, dans les pays hors Union Européenne, ces traitements ne sont remboursés que sous certaines conditions (accords bilatéraux entre les pays, conditions assurancielles des prises en charge, …). Beaucoup d’étudiant-e-s choisissent donc de partir avec l’ensemble de leur traitement, lorsqu’ils arrivent à trouver un accord avec leur pharmacien, pour une durée n’excédant pas le semestre. Quand cette logistique n’est pas possible (volumes trop importants, conservation en glacière …) ils doivent revenir dans leur pays d’origine pour récupérer de nouveaux médicaments.

« En effet, mon médecin traitant et ma diabétologue, ne connaissant pas les produits médicaux commercialisés en Espagne, préféraient que je continue à prendre celui auquel je suis habituée et donc, m’ont toutes deux recommandé de continuer de m’approvisionner en France. » (Étudiante, Neoma Business School, Espagne)

« Les ordonnances sont faites pour 6 mois et à chaque passage en pharmacie, j’ai le droit d’avoir le compte juste de traitement pour un mois. Ensuite, je ne peux pas me réapprovisionner avant le mois suivant (…). Mon pharmacien, me connaissant bien, a finalement accepté, (…) de me donner la quantité d’insuline pour la durée totale de mon séjour, mais n’avait pas assez de boites d’aiguilles pour les 5 mois (ce qui a fait que j’ai dû aller en chercher lors de mon retour en France) » (Étudiante, Neoma Business School, Espagne)

« Il est donc préférable d’emporter son traitement dans ses bagages. Cette démarche demande de se renseigner au préalable auprès de la compagnie aérienne et de s’assurer que les conditions de transport n’endommageront pas le traitement » (Étudiante, Institut Polytechnique UniLaSalle, États Unis)

Certain-e-s de ces étudiant-e-s en situation de handicap ont besoin d‘avoir un suivi médical ou paramédical régulier. A nouveau, plusieurs difficultés apparaissent dont le coût de ce suivi. Dans certains pays les suivis médicaux-paramédicaux sont plus onéreux, tout comme les assurances complémentaires que doivent prendre ces étudiant-e-s.

« De plus, je suis suivie par une neurologue, une psychologue et une sophrologue afin de m’aider à mieux appréhender la maladie. » (Étudiante, Institut Polytechnique UniLaSalle, Etats Unis)

« Par ailleurs, j’ai besoin de soins réguliers, mais les professionnels ayant les compétences adaptées à ma pathologie portent au Canada le nom de « physiothérapeute », nomenclature non reconnue par la CPAM : les frais de soins sont donc entièrement à ma charge. » (Étudiante, École normale supérieure Paris-Saclay, Canada)

À ces difficultés se rajoute le fait que certaines assurances refusent de couvrir l’étudiant-e lors de son déplacement, hors Union Européenne, lorsqu’il déclare certaines pathologies.

« Afin de maximiser mes chances de réussite en expatriation et de minimiser les risques quant à mes problèmes de santé je ne pouvais postuler dans des pays pour lesquels il faudrait faire des vaccins vivants, qui soient bien développés médicalement, où le temps ne soit ni trop froid ni trop humide, qui ne soient pas hors Europe car aucune assurance ne voulait bien me prendre en charge avec une maladie chronique déjà déclarée avant le départ à l’étranger. » (Étudiante, École de management de Normandie, Royaume Uni)

Ces constats montrent des situations fréquentes qui entrent en violation des droits des personnes handicapées, selon les articles 20 et 25 de la Convention relative aux Droits des Personnes Handicapées.