#SIESH – Frein à l’accompagnement à la vie sociale, culturelle et personnelle

Le départ dans un pays étranger pour le suivi d’un semestre dans une université, ou la réalisation d’un stage dans une entreprise, nécessite la prise en compte de différentes dimensions de l’accessibilité.

Certaines personnes en situation de handicap ont besoin d’être assistées dans leurs déplacements ou dans leur vie quotidienne, que ce soit par une aide humaine ou par un chien d’assistance.

Concernant ces animaux, des difficultés peuvent être rencontrées. Un étudiant non-voyant, autonome dans ses déplacements en France, rapportait au référent handicap de son école qu’il devait partir en stage en Angleterre accompagné de sa mère, car son chien guide ne connaît pas la circulation à gauche.

Par ailleurs, certains pays ne leur reconnaissent pas de statut juridique/administratif spécifique. De plus, dans un nouvel environnement, ces animaux ont besoin d’un temps d’apprentissage des parcours avant de pouvoir guider de manière autonome. Toutes ces difficultés rencontrées vis-à-vis des chiens guides ou d’assistance freinent le départ à l’international de ces étudiant-e-s. Cet accompagnement spécifique doit donc être remplacé par une aide humaine, trop souvent assurée par des parents qui sont contraints d’effectuer de nombreux déplacements, à leurs frais.

 

L’assistance dans le quotidien par une aide humaine peut-être financée par le maintien des aides du pays d’origine (en France, la prestation de compensation du handicap). Mais elle nécessite un recrutement sur place. En effet, l’association Droit au Savoir¹ indique sur son site internet à destination des étudiant-e-s

« Vous devrez également anticiper un recrutement sur place. Toutes les fois où l’auxiliaire habituel a effectué le voyage, cela a entraîné des problèmes autant de financement que juridiques ».

Les auxiliaires n’ont pas de reconnaissance de statut spécifique dans le pays d’accueil (ils-elles ne sont pas étudiant-e-s, et n’ont pas de visa de travail rattaché à un contrat signé avec une entreprise locale). Se pose alors le problème du visa pour l’accompagnant.

Lorsque le recrutement d’une aide humaine doit se faire sur place, cela nécessite donc une mise en relation avec une association ou une entreprise de service locale.

Ce soutien, tout comme l’accompagnement à l’insertion dans la vie sociale hors campus ou hors entreprise (dans le cadre d’un stage) par la mise en relation avec des associations sportives, culturelles, artistiques, solidaires, … est rarement proposé : ces réseaux spécialisés sont difficilement identifiés par les étudiant-e-s ou stagiaires qui arrivent dans un nouveau pays.

Ces constats montrent des situations fréquentes qui entrent en violation des droits des personnes handicapées, selon les articles 9, 19 et 30 de la Convention relative aux Droits des Personnes Handicapées.

¹ www.droitausavoir.asso.fr