#SIESH – Frein à la liberté d’aller et venir

Les différents témoignages recueillis évoquent des problématiques logistiques importantes en matière de gestion des médicaments et de leur transport le cas échéant. En effet les étudiant-e-s en situation de handicap nécessitant un traitement médical important, doivent souvent partir avec des bagages supplémentaires, parfois réfrigérés (sacoches glacières).

D’autres étudiant-e-s, en situation de handicap, doivent avoir également des bagages supplémentaires pour transporter le matériel adapté dont ils ont besoin.

« En effet, n’ayant ni l’énergie, ni la force de faire trois allers-retours afin de prendre avec moi tout mon matériel (fauteuil roulant, béquilles et mes valises), j’ai dû faire appel à une bonne volonté au sein du personnel administratif de l’établissement qui faisait des allers-retours entre la France et l’Angleterre pour me ramener mes affaires » (Étudiante, École de management de Normandie, Royaume-Uni)

La logistique nécessaire au transport des médicaments ou du matériel spécifique adapté à la personne en situation de handicap, peut donc être régulièrement un frein à l’accès aux cursus ou aux stages à l’international. Celle-ci peut aussi avoir un coût très élevé (bagages supplémentaires, plusieurs allers-retours vers le pays d’origine, accompagnement par une tierce personne, …).

Les problématiques liées au transport concernent également les déplacements des personnes en situation de handicap dans le pays d’accueil. Certaines d’entre-elles, en fonction de leur taux d’incapacité reconnu par la MDPH, bénéficient en France de transports adaptés. Ces solutions de transport sont gratuites ou à coût minime. Mais ces droits d’utilisation des transports adaptés, lorsqu’ils existent, sont rarement ouverts aux personnes handicapées non-résidentes.

 

« En effet, j’ai constaté que je ne pouvais pas prendre les transports en commun, qui ne sont pas du tout adaptés : les distances entre les arrêts sont très importantes, la distance entre l’arrêt le plus proche de l’hôpital et l’entrée de l’hôpital excède mon périmètre de marche, l’état des routes à Montréal engendre des secousses violentes, ma carte de priorité pour les places assises n’est pas prise en compte. N’étant pas résidente canadienne je n’ai pas droit aux transports adaptés, aussi je serai contrainte de faire appel à un taxi pour me déplacer » (Étudiante, École normale supérieure Paris-Saclay, Canada)

Pour faciliter l’autonomie des personnes en situation de handicap (qui n’ont pas besoin de solutions de transports spécifiques), il est important qu’elles puissent être conseillées dans leur choix de logement, proche de transports en commun.

« Cependant j’ai eu des difficultés pour trouver un logement (j’ai déménagé deux fois, une fois sur place). Difficultés aussi pour se déplacer, besoin d’être près des réseaux de transports en commun qui ne sont pas très nombreux dans le New Jersey. C’est notamment pour cette raison que j’ai choisi de déménager » (Étudiant, Neoma Business School, États-Unis)

« (…) une de mes principales difficultés est liée au fait que je ne peux pas conduire (…) les États-Unis sont vraiment un pays pour les voitures. Pour ce qui est de la ville d’Atlanta, les transports en commun sont incroyablement mauvais (…). Après un an sur place j’ai réussi à trouver une résidence avec des navettes gratuites qui se rendent aux endroits principaux de la ville où j’ai besoin d’aller (campus, supermarché et métro), ce qui m’aide beaucoup. » (Étudiant, École nationale supérieure de techniques avancées, États-Unis)

Ces constats montrent des situations fréquentes qui entrent en violation des droits des personnes handicapées, selon les articles 9 et 20 de la Convention relative aux Droits des Personnes Handicapées.