Concours Génération Égalité 2021-22 : les métiers ont-ils un genre ?

Si les hommes et les femmes représentent aujourd’hui des parts égales dans la population active, force est de constater que leur répartition dans les différents métiers et secteurs d’activité reste déséquilibrée.

D’après une étude du Centre d’Information et Document Jeunesse (CIDJ) publiée en 2018[1], seuls 17% des métiers sont mixtes[2] et sur 87 familles professionnelles, seules 13 sont mixtes.

Déjà, au niveau du premier emploi, l’enquête 2021 « Insertion professionnelle des diplômées des Grandes écoles » de la CGE[3] révèle que les femmes diplômées d’écoles d’ingénieurs ou de management sont beaucoup moins présentes dans les activités informatiques, et à l’inverse sont sur-représentées dans l’industrie agro-alimentaire et le commerce. Les hommes diplômés d’écoles d’ingénieurs ou de management sont quant à eux sur-représentés dans la banque-assurance, l’industrie des TIC ou des transports, mais beaucoup moins présents dans l’industrie textile ou encore l’industrie chimique.

Cette enquête montre également des disparités au niveau des services ou départements d’emploi des étudiant.e.s diplômé.e.s d’une Grande école en 2020. Pour les ingénieur.e.s, une sous-représentation des femmes dans les services informatiques, télécommunications, ou encore études et développement en systèmes d’information, est constatée. Elles sont sur-représentées en revanche dans les services qualité. Du côté des managers, les femmes sont en général très présentes dans les recrutements des services marketing, RH, communication et achat. Les hommes sont quant à eux sur-représentés dans les départements études et développement des systèmes d’information, commercial, audit et au sein des directions générales.

D’autre part, si la récente enquête AFMD-CGE[4] dévoile que la part d’étudiant.e.s porteurs de stéréotypes de genre demeure stable et relativement faible, l’écart entre l’aspiration à l’égalité et la mise en œuvre concrète de cet idéal persiste pour un grand nombre d’étudiant.e.s. En effet, 61,1% des répondant.e.s considèrent qu’au moins l’une des 23 compétences et qualités professionnelles présentées dans cette enquête est soit « plutôt féminine », soit « plutôt masculine ».

Ces stéréotypes associés à certaines compétences contribuent à une vision genrée de certains métiers et secteurs d’activité. Or, la mixité des métiers est à la fois un enjeu d’égalité des chances et des opportunités pour les individus, et un enjeu de performance et de diversité pour les filières professionnelles.

Les recherches conduites sur le sujet ont identifié plusieurs facteurs qui contribuent à la (non-)mixité des métiers : les représentations que l’on s’en fait, les choix d’orientation des jeunes (et des moins jeunes dans le cadre de reconversions), les conditions de travail (organisation du travail, adaptation du matériel, des uniformes, etc.), ou encore le sexisme (car c’est une chose d’attirer des personnes dans un métier, mais s’en est une autre de les protéger et de les fidéliser), etc.

Ainsi, la Conférence des grandes écoles invite les étudiants et étudiantes de ses écoles membres à présenter un projet original (affiche ou vidéo) autour du thème « les métiers ont-ils un genre ? » dans l’objectif de sensibiliser à ces enjeux.

Toute idée et projet venant remettre en question les représentations sexuées associés à certains métiers ou secteurs d’activité professionnelle, pourra faire l’objet d’une contribution.

Conditions de participation :

Avant toute inscription, veuillez consulter le règlement du concours.

[1] 6ème édition du guide « Ces secteurs qui recrutent » du CIDJ, Février 2018 https://www.cidj.com/etudes-formations-alternance/avant-le-bac/secteurs-qui-recrutent-place-aux-femmes

[2] Une profession est considérée comme mixte dès lors que les femmes et les hommes représentent une part comprise entre 40% et 60% de ses effectifs.

[3] Résultats issus de la promotion 2020 des étudiant.e.s diplômé.es. des grandes écoles, interrogée en 2021 https://www.cge.asso.fr/themencode-pdf-viewer/?file=https://www.cge.asso.fr/wp-content/uploads/2021/06/2021-06-15-Enqu%C3%AAte-insertion-CGE-Rapport-2021.pdf

[4] Etudiant.e.s des grandes écoles : entre aspiration à l’égalité et mise en œuvre d’un idéal https://www.afmd.fr/etudiantes-des-grandes-ecoles-entre-aspiration-legalite-et-mise-en-oeuvre-dun-ideal

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