La recherche peut-elle bénéficier de l’usage des ODD ? Retour d’expérience

Les activités de recherche déployées au sein de nombreuses Grandes écoles de domaines très différents s’inscrivent dans les grandes thématiques visées par les ODD, tant elles sont en prises directes avec les enjeux globaux. Toutefois, si les questions scientifiques sont traitées au sein des laboratoires, l’urgence climatique nous conduit à interroger la manière dont les Grandes écoles doivent faire évoluer leurs activités d’enseignement et de recherche pour faire face à leur responsabilité vis-à-vis des générations futures, tout en répondant aux défis actuels des sociétés. S’emparer de ce défi, qui nécessite d’innover, de former et de produire autrement en visant une durabilité aux différentes échelles, implique des ruptures méthodologiques tant dans les approches scientifiques, pédagogiques, qu’organisationnelles.

Dans ce contexte, les activités de recherche constituent un levier d’actions particulièrement moteur et intégratif. Néanmoins, la façon dont les enseignant-chercheurs s’approprient ces concepts pour la pratique de leur métier, au niveau individuel comme collectif, reste un sujet complexe à appréhender. Ce constat entraîne la nécessité d’une politique d’établissement clairement affirmée pour l’intégration de la notion de développement durable, au-delà d’actions ponctuelles, dans la formation des enseignant-chercheurs et la structuration de leurs activités.

À titre d’exemple, UniLaSalle-EME a souhaité valoriser ses actions en faveur du développement durable en candidatant au label DDRS, en retenant une autoévaluation des activités de la recherche à l’aune des ODD. Ainsi, un travail d’accompagnement par les étudiants a été conduit via des entretiens sur leurs sujets de recherche, pratiques et motivations en s’appuyant sur la grille de lecture constituée par les ODD. De leur côté, les enseignant-chercheurs ont préparé ces entretiens en s’appropriant les 17 objectifs parus en 2015, grâce à un atelier expérimental (Meth’ODD) créé par la Dréal Bretagne, qui cherchait à l’époque une équipe pilote pour éprouver la méthodologie en conditions réelles.

Cette expérience a été bénéfique aux étudiants qui ont mieux compris le métier de chercheur et ont pu mettre en perspective son rôle singulier face aux défis de la vulnérabilité (ce qui a d’ailleurs suscité plusieurs vocations !), mais également bénéfique aux chercheurs qui ont constitué un groupe de travail « Recherche et Développement Durable » et ont construit une grille d’analyse pour orienter leur future réflexion.

Ces travaux sur les ODD ont permis de renforcer le dialogue entre des disciplines très éloignées, d’affiner les liens entre objectifs stratégiques et attendus scientifiques, et enfin de valoriser l’approche systémique. En effet, si les approches transdisciplinaires et multi-acteurs semblent aujourd’hui très pertinentes pour répondre aux enjeux des ODD, elles n’entrent pas toujours dans le périmètre des critères dits « d’excellence disciplinaire » retenus par les instances nationales d’évaluation. Pour autant, ces mêmes instances accordent parallèlement une place de plus en plus prégnante à la notion de DD dans leurs grilles d’évaluation. Un équilibre délicat à atteindre ?

L’appropriation des ODD par les équipes de recherche permet de penser d’autres sphères de l’établissement : élaborer des blocs de compétences du diplôme, mieux articuler compétences professionnelles et compétences pour le DD et faire émerger de nouvelles coopérations avec les entreprises. Forts de cette expérience, les enseignant-chercheurs ont souhaité aller plus loin en déployant une recherche sur les ODD eux-mêmes (Comment sont-ils imbriqués ? Sont-ils compatibles ? Donnent-ils les moyens de bâtir une mesure de l’urgence ?), tout en poursuivant leurs travaux de recherche pour proposer des innovations pertinentes en apportant « des solutions locales pour répondre global », c’est-à-dire s’engager pour un monde plus durable. Et les ODD permettent de faire parler d’une même voix deux Directions qui n’ont pas si souvent l’occasion de le faire !

 

Pour aller plus loin : https://www.unilasalle.fr/la-recherche-unilasalle

Karine Laval et Geoffroy Belhenniche,
UniLaSalle

 

A propos de Karine Laval

Karine Laval est titulaire d’un doctorat en microbiologie de l’Université de Rouen. Habilitée à diriger les recherches depuis 2010, elle a créé le laboratoire Biosol, spécialisé dans les questions de relations entre pratiques agricoles et la qualité biologique des sols.

Elle est aujourd’hui directrice de la recherche pour UniLaSalle où elle pilote l’activité des 5 unités de recherche regroupant plus d’une centaine de personnels scientifiques et techniques.

Elle est également co-directrice de la structure fédératrice de recherche (SFR) Normandie Végétale.

 

A propos de Geoffroy Belhenniche

Ingénieur agronome diplômé d’AgroCampus Ouest et titulaire d’un DEA d’économie de l’environnement et des ressources naturelles et d’une maîtrise de philosophie morale et politique, il réalise une première partie de carrière dans le monde bancaire. En 2007, il rejoint l’Esitpa en tant qu’enseignant en économie-gestion et en éthique professionnelle puis devient secrétaire général de l’établissement. À l’occasion de la fusion avec UniLaSalle, il occupe la fonction de directeur des relations entreprises. Il prend en 2018 la direction d’UniLaSalle Rennes-EME (École des métiers de l’environnement).

Il pilote, depuis 2019, un chantier institutionnel visant à doter UniLaSalle d’une feuille de route stratégique pour approfondir les engagements en matière de développement durable.

 

À propos d’UniLaSalle

UniLaSalle, ingénieurs à valeurs ajoutées.

Avec 2 900 étudiants et 18 000 Alumni, UniLaSalle est la plus grande école d’ingénieurs post-bac dédiée aux sciences de la Terre, du vivant et de l’environnement en France, labellisée EESPIG. Membre de la Conférence des Grandes Ecoles, elle propose des formations allant du Post-bac au Bac+6. Son savoir-faire reconnu par les entreprises se traduit par une excellente employabilité de ses diplômés (le temps moyen pour trouver un emploi est d’un mois après la fin des études).

Fort d’une grande complémentarité entre ses campus (Beauvais, Rouen et Rennes) et ses domaines de compétences, UniLaSalle se positionne comme un acteur engagé pour un développement durable. Ses thématiques de recherche, ses chaires d’entreprises, ses centres d’innovations (AgriLab, GéoLab) contribuent à trouver des réponses aux grands enjeux de demain dans l’énergie, l’agriculture, l’alimentation, la protection des ressources ou encore l’économie circulaire.

Par ses racines lasalliennes, UniLaSalle porte une attention particulière à la « formation intégrale », qui considère l’engagement de ses étudiants dans la vie de l’école ou dans le développement de projets personnels comme une expérience formatrice et vectrice d’épanouissement.

www.unilasalle.fr

 

 

 

X
X