Les thèses à EDF – Vision d’un énergéticien acteur majeur de la transition énergétique

Le groupe EDF, avec plus de 160 000 salariés, est un des acteurs majeurs du secteur de l’énergie, en France et dans le monde. EDF est en particulier le premier producteur d’électricité européen avec une électricité très bas carbone[1]. Son ambition est d’être, en 2030, le leader mondial des énergies décarbonées en produisant une électricité à très faible émission de C02.

L’électricité a pour vocation de devenir un des vecteurs énergétiques clés pour atteindre l’objectif de neutralité carbone que s’est fixé l’Europe pour 2050. Le groupe EDF est donc particulièrement bien placé pour déployer, à grande échelle, cet objectif de transition énergétique. Pour relever ces défis, il bénéficie d’une R&D d’environ 2000 salariés dont l’un des plus grands centres (qui héberge la moitié de la totalité des effectifs de recherche) a été récemment construit sur le campus de Paris-Saclay. EDF emploie de nombreux doctorants pour soutenir ses ambitions de recherche. De l’ordre de 150 doctorants sont directement intégrés dans ses équipes de recherche dans le cadre de conventions CIFRE[2] et environ 50 thèses sont financées directement par des partenariats avec des laboratoires du monde académique. L’excellence scientifique de ces doctorants est attestée par de nombreux prix scientifiques. L’Académie des technologies et EDF ont d’ailleurs créé en 2012 le Prix Paul Caseau[3], prix soutenu par le partenariat pour la Science et l’Enseignement mis en place entre EDF, l’Institut de France et l’Académie des sciences.

Pour identifier les sujets-clés sur lesquels il convient de lancer des thèses dans le cadre de ses programmes de recherche à moyen ou long terme, EDF a élaboré un Plan Scientifique pluriannuel qui identifie les principaux verrous scientifiques à lever en s’appuyant notamment sur les thèses. Ces verrous sont étroitement liés à l’objectif de neutralité carbone à 2050. Les thèmes de recherche privilégiés sont l’utilisation de l’électricité pour décarboner les usages énergétiques (mobilité électrique, chauffage des bâtiments avec des pompes à chaleur, production d’hydrogène bas carbone par électrolyse, développement des villes durables, réseaux électriques intelligents) associée à la production d’une électricité très faiblement émettrice de C02 (solaire photovoltaïque, éolien, hydraulique et nucléaire) mais aussi les nouvelles technologies du numérique (intelligence artificielle, blockchain, ordinateur quantique) et enfin l’analyse des transitions sociétales qui font appel à des doctorants spécialistes en sciences humaines et sociales.

En tant qu’industriel responsable EDF est fortement attentif à ce que ses doctorants trouvent un emploi de qualité à l’issue de leur thèse. Un parcours d’accompagnement a été mis en place dans cette optique avec l’Association Bernard Grégory (ABG) sous la forme d’un stage d’accueil en première année de thèse, de la participation à différentes écoles doctorales en deuxième année, et d’un stage de préparation à la recherche d’emploi au cours de la dernière année. Ce processus a fait ses preuves puisque 30 % de nos thésards intègrent le groupe EDF à la fin de leur doctorat et les autres n’ont aucune difficulté pour trouver un emploi dans le monde industriel ou académique.

Le diplôme de doctorat est devenu un sésame recherché pour intégrer les équipes de recherche d’EDF. En effet, 70 % des chercheurs recrutés actuellement à la R&D sont titulaires de ce diplôme. Avoir réussi à décrocher un doctorat permet d’envisager de beaux parcours au sein du Groupe, que ce soit à la R&D mais aussi dans les autres entités d’EDF. Les statistiques montrent en particulier que le titulaire d’un doctorat a deux fois plus de chances de parvenir à un poste hiérarchique ou un poste de la filière expertise que le titulaire d’un diplôme BAC+5. Pour les carrières à l’international, posséder un diplôme de doctorat est un atout supplémentaire, par la forte reconnaissance internationale qu’il apporte, un aspect à ne pas négliger quand on envisage d’intégrer un groupe comme EDF, ayant une partie significative de son activité à l’international.

Enfin on ne peut pas évoquer la recherche à EDF sans parler des nombreux partenariats qui la sous-tendent. Plus d’une dizaine de laboratoires communs associent en particulier les équipes de recherche d’EDF et celles du monde académique. Au sein de ces partenariats, les doctorants jouent un rôle clé : défricheurs de nouveaux sujets, à la pointe des connaissances scientifiques, mais aussi acteurs du transfert des connaissances et des techniques entre le monde académique et le monde industriel. A ce titre, les thèses CIFRE sont des modèles de contrat de recherche particulièrement adaptés à ces ambitions. Ils représentent de l’ordre de 85 % des 200 thèses que lance ou pilote EDF. L’électricien  d’ailleurs, avec 76 thèses lancées en 2019, fait partie des 2 premiers allocataires de bourses CIFRE auprès de l’ANRT.

 

[1] En 2018, l’électricité produite par EDF représente 57 gCO2/kWh au périmètre du groupe et 17 gCO2/kWh en France alors que la moyenne du secteur est de 299 gCO2/kWh en Europe et 490 gCO2/kWh au niveau mondial.

[2] Conventions Industrielles de Formation par la Recherche

[3] https://www.academie-technologies.fr/blog/categories/actualites/posts/prix-de-these-paul-caseau-2019

 

Jean-Paul Chabard,
directeur scientifique EDF Recherche et Développement

 

A propos de Jean-Paul Chabard

Ingénieur diplômé de l’Ecole centrale Paris, il a fait toute sa carrière à la direction Recherche et Développement d’EDF. Entré en 1984 comme ingénieur de recherche au Laboratoire national d’hydraulique, sur le site de Chatou, département qu’il a dirigé de 1990 à 1994 ; il a ensuite exercé de nombreuses fonctions de management au sein de la recherche et développement d’EDF. Après avoir dirigé le projet de création du nouveau centre EDF Lab Paris Saclay, il est actuellement directeur scientifique de la R&D d’EDF. Il a exercé de nombreuses activités d’enseignement. Il est actuellement professeur à l’école des Ponts ParisTech. Très actif dans de nombreuses sociétés savantes, il est membre honoraire de l’Association for Hydro-Environment Engineering and Research (IAHR) dont il a été pendant 8 ans vice-président. Il est également membre du Conseil d’administration de Société Hydrotechnique de France (SHF) qui lui a décerné le grand prix de l’Hydrotechnique en 2006.

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