V. Pécresse : « loi LRU : un acte 2 est nécessaire rapidement »

Il y a plus de 10 ans, j’ai pensé la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) comme un premier choc de libération des énergies, susceptible d’enclencher une transformation profonde et durable de l’université française, à la hauteur de ce qui se faisait ailleurs.

Pour rester attractive, l’université française devait ainsi poursuivre sa réforme, démarrée avec l’harmonisation européenne des diplômes, l’autonomie des universités autorisant une plus grande souplesse dans son fonctionnement, la rendant plus réactive et plus proche des besoins en France.

Dix ans après, l’autonomie est un acquis, que personne ne songe à remettre en cause. Mais un acte 2 est nécessaire rapidement, car la compétition entre les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche pour attirer les meilleurs talents, étudiants, enseignants et chercheurs est de plus en plus âpre. Ce deuxième acte doit permettre à l’université de lui donner encore plus de liberté, de l’ouvrir encore davantage au monde économique et qu’elle devienne aussi un véritable acteur de la formation continue. Enfin, si l’excellence de notre recherche n’a jamais été en cause, en revanche, l’articulation entre les laboratoires publics et les entreprises n’est pas assez ancrée dans les pratiques, comme en témoignent les performances insuffisantes en matière de dépôts de brevets, de recherche partenariale ou de création de start-up.

Aux côtés de l’Etat, les régions ont aussi un rôle à jouer pour renforcer l’attractivité de l’enseignement supérieur et de la recherche et réduire les fractures éducatives et territoriales. En Ile-de-France, la région est résolument aux côtés des étudiants et des chercheurs.

Pour assurer la réussite des étudiants, elle a mis en place cette année une plateforme d’orientation Oriane.info pour se retrouver dans le maquis des formations et être une boussole qui facilitera leur choix. Elle contient aussi des données sur l’emploi, les métiers en tension et les perspectives d’emploi. La région soutient aussi les étudiants grâce à une politique de bourse au mérite pour faciliter leur accès à l’enseignement supérieur. Elle a également  investi dans de nouveaux campus modernes pour assurer de meilleures conditions d’accueil et de réussite pour les étudiants et les chercheurs.

Mais, notre région, qui réunit près du quart de la recherche française,  est aussi aux côtés des chercheurs, en soutenant également 13 domaines d’intérêt majeur de recherche, comme  sur la pollution de l’air, le vieillissement ou  la thérapie génique, en  finançant des équipements de laboratoire et  des chaires d’excellence ouverts aux chercheurs du monde entier. Enfin, la région fait tout pour renforcer le continuum entre établissements d’enseignement supérieur et de recherche, structures de transfert ou d’innovation, incubateurs et entreprises. Car accélérer le transfert entre la recherche et innovation, est une des clefs de notre développement économique et de la création d’emploi.

Valérie Pécresse,
présidente de la Région Ile-de-France
ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de 2007 à 2011

 

A propos de Valérie Pécresse

Valérie Pécresse est la Présidente de la Région Ile-de-France depuis le 18 décembre 2015 suite à sa victoire aux élections régionales avec 43,8% des suffrages. Après avoir démissionné de la fonction publique en novembre 2015, elle a démissionné de son mandat de députée des Yvelines le 19 janvier 2016, conformément à son engagement de campagne de se consacrer exclusivement à la Région, sans cumul de mandat.

Née le 14 juillet 1967, Valérie Pécresse commence sa carrière en tant qu’Auditeur au Conseil d’Etat, commissaire du Gouvernement, spécialisée en droit de l’internet, droit des personnes handicapées et en responsabilité hospitalière. Au lendemain de la dissolution de 1995, elle s’engage auprès de Jacques Chirac et rejoint son cabinet à l’Elysée en tant Conseillère technique en charge des études, de la prospective et des technologies de l’information. Elle participe également à la création de l’UMP en 2002 aux côtés de Jérôme Monod et d’Alain Juppé.

A l’Assemblée nationale, où elle est élue députée des Yvelines pour la première fois en 2002, Valérie Pécresse se spécialise sur les sujets relatifs à la famille, à l’éducation et à la recherche. Elle s’investit également dans le fonctionnement de l’UMP en tant que Secrétaire générale adjointe en charge des études de 2002 à 2004, puis en tant que porte-parole du parti entre 2004 et 2007. Au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République en 2007, Valérie Pécresse se voit confier le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche afin de mener à bien l’une des plus importantes réformes du quinquennat : l’autonomie des universités et la réforme de la recherche. Le 30 juin 2011, Valérie Pécresse est nommée Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l’Etat, Porte-parole du Gouvernement de François Fillon. A Bercy en 2011, elle assure la réduction historique du déficit et des dépenses publiques. Elle fait également voter la TVA anti-délocalisation qui permet une baisse des charges sur le travail, clé de la compétitivité emploi. Elle sera réélue députée de sa circonscription en 2007 et 2012.

Elue pour la première fois au Conseil régional d’Ile-de-France en 2004, elle était depuis 2010 la présidente du groupe d’opposition.

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