L’orthographe, qu’elle nous passionne, nous angoisse ou nous indiffère, est un élément incontournable de notre vie professionnelle. - CGE

L’orthographe, qu’elle nous passionne, nous angoisse ou nous indiffère, est un élément incontournable de notre vie professionnelle.

Nos fautes et nos manquements la concernant influent (parfois insidieusement) sur l’image que les destinataires de nos messages ont de nous : notre implication, notre crédibilité, notre niveau d’étude, voire notre potentiel intellectuel. Que cela soit justifié ou non, la maîtrise de la langue française reste donc un marqueur social dans l’esprit collectif. Son incidence sur la recherche d’emploi le prouve : 82 % des recruteurs sont sensibles à l’orthographe des candidats, et une faute sur un CV multiplie par trois le risque de voir la candidature rejetée*. Qu’en est-il de la réussite scolaire ? Bien au-delà des quelques points retirés à une copie truffée de fautes, une étude récente du CNRS montre qu’une maîtrise insuffisante de la langue constitue un facteur d’échec dans les études universitaires.

À l’heure du numérique, les besoins en compétences écrites augmentent alors que le niveau d’orthographe chute drastiquement depuis vingt ans. En parallèle, le courriel est devenu LE mode de communication en entreprise, sans compter les réseaux sociaux, les sites internet, les blogs, les tchats professionnels… Peu importent le secteur d’activité et la fonction exercée, ces évolutions nous exposent tous à la faute ! Dans ce contexte, la maîtrise de l’orthographe est devenue indispensable pour affronter sereinement le marché du travail. C’est pourquoi les établissements d’enseignement se sont emparés du sujet et proposent de plus en plus à leurs étudiants de se remettre à niveau et de combler leurs lacunes avant d’obtenir leur diplôme et de se jeter dans le grand bain.

Chez Projet Voltaire, nous travaillons avec plus de 2 000 écoles et organismes de formation conscients de cet enjeu, et ce, quel que soit leur domaine d’enseignement. Car oui, le fléau du « Sa va ? » et du « J’ai manger » touche toutes les catégories d’étudiants, du CAP au BAC + 5, du futur informaticien au journaliste en devenir. Il n’est pourtant pas rare d’être confronté à des préjugés à ce sujet, comme si un bon niveau de français était réservé aux classes sociales dites élevées. La position consistant à identifier l’origine sociale du rédacteur en fonction de son orthographe est particulièrement stigmatisante. La langue française appartient-elle à une élite ? L’école de la République est-elle réservée à une population privilégiée ? N’enseigne-t-elle pas l’écrit dès le plus jeune âge ? L’expérience montre que les fautes d’orthographe concernent toutes les catégories socioprofessionnelles, même si elles assaillent davantage les hommes que les femmes, les jeunes que les seniors (cf. Baromètre Voltaire®). Mais rien ne vient attester que le problème varierait en fonction du quartier, des revenus…

Au-delà de cette question du marqueur social, l’orthographe reste un moyen de se démarquer et de répondre aux exigences du marché de l’emploi. Cependant, si la maîtriser est indéniablement l’un des nombreux passeports nécessaires à l’avenir des étudiants, qu’en est-il du présent ? Est-ce que, pendant leurs études, leur seule motivation à court terme devrait être de ne pas se voir retirer des points sur une copie ? Loin de là ! D’après une étude menée par des chercheurs du CNRS, progresser en orthographe permet de progresser dans d’autres domaines, littéraires comme scientifiques. Entre 2011 et 2014, 849 étudiants en première année de licence d’économie et gestion à l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée et à l’université Lille 1 ont participé à l’expérimentation. Tous ont été informés en début d’année de la possibilité de s’entraîner sur la plateforme en ligne du Projet Voltaire pour améliorer leur français, mais seule la moitié a été fortement encouragée par l’équipe pédagogique à se connecter à la plateforme. Sans surprise, les étudiants ayant été suivis et incités à utiliser l’outil ont amélioré leur littératie. Plus surprenant, ils ont également augmenté leur moyenne dans les autres matières.

Yannick L’Horty, professeur d’économie à l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée, directeur de la fédération TEPP (Travail, emploi et politiques publiques) du CNRS et coauteur de cette étude, explique : « Une bonne syntaxe, une bonne grammaire ou une bonne orthographe aident à bien comprendre l’énoncé d’un problème de mathématiques, comme elles aident à le résoudre. » L’orthographe apparaît ainsi comme un moyen de faciliter la compréhension et de mieux structurer sa pensée. L’étude conclut : « Une meilleure maîtrise de la langue permet donc d’améliorer sensiblement les résultats obtenus à l’issue de la première année universitaire, qui est l’année charnière réputée la plus sélective. Ces résultats suggèrent que l’insuffisante maîtrise de la langue mérite bel et bien de figurer dans la liste des facteurs d’échec en licence. » Face au décrochage qui touche 20 % des étudiants (soit environ 75 000 jeunes sortant de l’enseignement supérieur sans diplôme), une meilleure maîtrise de la langue est donc une piste concrète pour favoriser la réussite scolaire.

Amandine Paret
Projet Voltaire

*Thèse de Christelle Martin Lacroux, agrégée en économie-gestion, enseignante et membre du laboratoire de recherche GRM à l’université de Toulon, publiée fin 2015.

 

A propos de Amandine Paret

Amandine Paret est chargée des partenariats de collaboration entre le Projet Voltaire et les établissements d’enseignement ou les entreprises. Elle gère en outre le volet Projet Voltaire « écoles primaires » (http://www.les-fondamentaux.fr). Ayant désespéré plus d’un enseignant avec ses libertés prises avec l’orthographe pendant sa scolarité, elle a pallié ses lacunes à l’âge adulte pour faire de l’écriture un terrain de jeu plutôt qu’un outil de torture.

 

 

A propos du Projet Voltaire

Lancé en 2008 par la société Woonoz, le Projet Voltaire est le service en ligne de remise à niveau personnalisée en orthographe. Créé en collaboration avec un comité d’experts en orthographe (piloté par Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe), il permet d’acquérir les bons automatismes dans le domaine des règles fondamentales de l’orthographe et de la grammaire. Le Projet Voltaire, c’est :

– un outil qui s’adapte avec une précision chirurgicale au niveau et au rythme d’acquisition de chacun ;
– une mémorisation rapide et durable, grâce à la technologie innovante de l’Ancrage Mémoriel® ;
– une mise en œuvre simple et rapide (rien à installer sur l’ordinateur) ;
– des outils de suivi détaillé des progrès de chacun ;
– un engagement fort pour l’accessibilité du service aux dyslexiques, aux sourds, aux malvoyants et aux non-voyants.

Le Projet Voltaire compte aujourd’hui plus de 4 millions d’utilisateurs, dont 2 000 établissements d’enseignement, 700 entreprises et des particuliers de tous âges.

Depuis 2010, 100 000 candidats ont passé le Certificat Voltaire : cet examen se déroule dans l’un des 500 centres d’examen agréés (sous surveillance et avec vérification d’identité), et certifie un niveau en orthographe (comme le TOEIC® pour l’anglais).

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