Compétences et employabilité, dans un monde en mutation

L’employabilité, c’est la garantie d’être attractif sur le marché de l’emploi, et de le rester tout au long de sa vie professionnelle. Cela implique d’actualiser en permanence ses connaissances et compétences, pour s’adapter aux évolutions du monde du travail.

Bien évidemment, pour les grandes écoles, l’engagement essentiel pour l’employabilité des étudiants se traduit par l’exigence d’une formation de qualité, en grande proximité avec le monde professionnel et ouverte sur l’international. Néanmoins, cela ne suffira sans doute pas pour préparer nos étudiants aux incertitudes à venir.

La rapidité des évolutions technologiques est un véritable tsunami et la transformation numérique impacte l’essentiel de nos enseignements. De nouveaux métiers émergent, d’autres sont encore en gestation.

« 65% à 70% des enfants actuellement en maternelle ne « connaissent » pas les métiers qu’ils exerceront à 20 ans », rappelle Estelle Sauvat, Haut-Commissaire à la Transformation des Compétences, lors de l’université annuelle de l’ANDRH, le 13 juin 2018.

Pour préparer nos étudiants à ce formidable bouleversement des compétences, d’autres catégories d’actions peuvent être développées en complément de la formation et des stages.

 

D’une part, il faut aider les étudiants à anticiper les risques d’obsolescence de leurs compétences techniques.

Dès l’acquisition d’une compétence technique, les étudiants doivent mesurer l’importance de la mettre à jour en continu. Une compétence technique n’est pas un viatique pour toute une vie professionnelle. Il faut l’actualiser en permanence, considérer le changement comme étant la norme et pratiquer une veille systématique.

Demain, dans le cadre de la formation continue, les employeurs aideront dans ce sens nos jeunes diplômés… ou pas ! Il est donc plus prudent que ces derniers puissent s’approprier personnellement, cette démarche du long-life Learning, dès leur formation en école.

 

Comprendre le « maillage » entre fondamental et appliqué permet de s’adapter plus facilement aux évolutions des techniques. Dans les écoles d’ingénieurs comme de management, les sciences plus fondamentales nourrissent les sciences plus appliquées et les techniques. Les mathématiques irriguent l’informatique, la psychologie et la sociologie inspirent le marketing et le management.

Quelle que soit la pondération entre ces dimensions, qui peut varier selon les écoles, il est utile que les étudiants fassent le lien. Percevoir comment les modèles théoriques structurent les pratiques est un atout pour se projeter plus loin, dans les périodes de transformation.

 

Une familiarisation aux méthodologies de la Recherche peut être utilisée, par les étudiants, comme un levier d’innovation. En effet,savoir dresser l’état de l’art sur un sujet, traiter des problématiques complexes, savoir quelles données chercher pour répondre à une question et comment les interpréter, proposer des solutions innovantes… : voilà quelques-unes des compétences développées dans un travail de Recherche. Elles permettent d’aborder sans crainte, et de façon rigoureuse, nombre de sujets nouveaux.

Sans transformer les étudiants en chercheurs, il est néanmoins possible de les initier à cette démarche. La pratique du raisonnement scientifique reste une base pérenne, dans un monde en mutation.

 

D’autre part, il faut accompagner le développement des soft skills des étudiants

Les compétences comportementales sont une des conditions de l’employabilité. Qu’elles soient sociales, cognitives, émotionnelles, elles ne connaissent pas l’obsolescence ; au contraire, le temps qui passe permet de les développer dans des contextes différents. Transversales, elles peuvent se déployer dans des contextes professionnels variés et accompagnent ainsi la mobilité. Elles jouent un rôle favorable dans les évolutions de carrière.

 

Certaines compétences comportementales sont nécessaires dans un environnement qui change très vite. Ces soft skills représentent des conditions impératives de l’employabilité des ingénieurs et managers, quelque soient les métiers ou les secteurs. L’acceptation du changement, la capacité à la remise en cause, l’envie d’apprendre, la curiosité, la flexibilité… autant de qualités et aptitudes permettant d’affronter les incertitudes en cours et à venir.

Les écoles peuvent en valoriser l’importance dans la culture interne, les orientations pédagogiques, et les modalités d’évaluations, par exemple.

 

Au-delà de ce socle commun de compétences, chaque étudiant doit être encouragé à réaliser son potentiel personnel. C’est un des enjeux de de son employabilité. Cela implique qu’il puisse identifier et renforcer ses soft skills naturels, ses forces de caractère et ses talents. Cela suppose aussi la possibilité d’acquérir des compétences comportementales nouvelles, qui seraient souhaitables par rapport à son projet professionnel.

Les opportunités pour le faire sont variées : formations soft skills dédiées, projets, suivi de stage, activités associatives, accompagnement pédagogique, etc.

 

Il convient enfin de préparer les étudiants à devenir « acteurs » de leur propre employabilité

En période de grands changements, il est important pour les jeunes diplômés de décider par eux-mêmes la direction qu’ils veulent donner à leur vie professionnelle. Se reposer régulièrement la question de son projet et de ses motivations, rester ouvert aux opportunités inattendues, valoriser ses évolutions, savoir se mettre à la place des recruteurs, cultiver son réseau professionnel, … voici quelques-unes des pistes utiles pour rester le pilote.

L’accompagnement « orientation-emploi » mené par les écoles y prépare les étudiants.

 

L’employabilité des jeunes diplômés est un enjeu qui englobe beaucoup de facettes.

La réponse des écoles doit donc être également systémique.

 

 

Laure BERTRAND
Enseignant-chercheur
Docteur en Sciences de Gestion (Ressources Humaines)
Directrice des Soft Skills et Services Pédagogiques Transverses du Pôle Léonard de Vinci (EMLV, ESILV, IIM)

 

A propos de Laure Bertrand

Laure Bertrand a une double expérience des écoles d’ingénieurs et de management. Avant d’intégrer le Pôle Léonard de Vinci, elle a passé 12 ans à TBS, et 7 ans à l’Ecole d’Ingénieurs de Purpan. Elle s’est toujours intéressée à l’employabilité des futurs diplômés sous la double casquette : Relations avec les Entreprises, d’une part, et Accompagnement Orientation-Emploi des étudiants, d’autre part.

 

A propos de l’EMLV

L’EMLV (Ecole de Management Léonard de Vinci) est une école supérieure de commerce et de management post-bac visé Bac+5 – Grade de Master – dispensant un programme Grande Ecole. Sa formation généraliste sur 5 ans ouvre vers de nombreuses spécialités. Parmi les points forts de l’école figurent le digital, le marketing, les RH, la finance, l’innovation et l’entrepreneuriat dans le contexte actuel de transformation digitale des entreprises. L’école située à Paris La Défense, accueille chaque année une promotion de sportifs de haut niveau dans le cadre d’un parcours adapté. Des enseignements et projets transversaux (20% du cursus) pouvant aller jusqu’à des doubles-diplômes existent avec les autres écoles du Pôle Léonard de Vinci (Ingénieur-Manager avec l’ESILV et Digital Marketing & Data Analytics avec l’IIM). La formation permet aux étudiants d’appréhender rapidement les exigences et codes de l’entreprise en France et à l’international. 1300 élèves – 4800 anciens élèves. Labellisée EESPIG, l’EMLV est membre d’AACSB, de l’EFMD, d’AMBA , de la CGE, de Campus France, de l’UGEI, de l’IAB, de Global Compact et de LearningLab Network – www.emlv.fr / www.devinci.fr

 

A propos de l’ESILV

L’ESILV, Ecole Supérieure d’Ingénieurs Léonard de Vinci est une école d’ingénieurs généraliste au cœur des technologies du numérique. Elle recrute principalement au niveau Baccalauréat (S et STI2D) et forme en 5 ans des ingénieurs opérationnels s’insérant parfaitement dans le monde professionnel. Le projet pédagogique de l’ESILV s’articule autour des sciences et des technologies numériques combinées à 4 grandes spécialisations : Informatique/BigData & Objets connectés, Mécanique Numérique et Modélisation, Ingénierie Financière, Nouvelles Energies et de la transversalité avec 20% de son cursus en commun avec une école de management (EMLV) et une école du digital (IIM) dont un parcours Ingénieur Manager en 5 ans, double diplômant. Enseignements en petits groupes, travail en équipe, pédagogie par projet, sport intégré dans le cursus, stages et expériences internationales obligatoires complètent le cursus. 2200 élèves. Labellisée EESPIG, l’ESILV est membre de la CGE, de l’UGEI, de la CDEFI, de Campus France, de Talents du Numérique et de LearningLab Network. www.esilv.fr

 

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