Faire face à la tempête

Ces trois derniers mois, toutes les équipes des Grandes écoles ont vécu simultanément une situation de crise et de transformation brutale avec la pandémie de COVID-19. Nous avons appris beaucoup sur nous-mêmes et découvert un nouveau monde que nous devons conquérir dès à présent.

Nous connaissons une crise inédite, imprévisible, dont nous ne mesurons pas encore les conséquences, mais face à laquelle nous avons fait preuve d’une agilité spectaculaire. Nous avons répondu en quelques jours à un choc que personne n’avait anticipé. Au fond, nous étions prêts mais nous prenions notre temps ; rien ne pressait après tout. Et si les moyens techniques ont suivi, c’est surtout la capacité de résilience de nos institutions qui est exceptionnelle. Nos structures ont tenu, nos enseignants ont changé leurs méthodes et notre organisation « habituelle » a explosé pour répondre simultanément et en urgence à toutes les parties prenantes.

 

Au-delà des espérances

On s’en doute, la partie visible de ce nouveau monde est le passage au tout numérique. En un éclair, nous étions tous à distance et nos digital natives ont suivi sans l’ombre d’une hésitation. Avoir accès aux ressources H24, travailler de manière asynchrone et en direct, être systématiquement en mode collaboratif ou plancher sur des projets leur convient parfaitement. En attestent les résultats de nos enquêtes de satisfaction.

Le fait que nous proposions depuis longtemps notre concept de SmartEcole®, que nous avions largement réfléchi à l’apport de la technologie dans notre pédagogie nous a donné une vraie longueur d’avance. Nous devrons poursuivre nos investissements dans des plateformes efficaces et des outils innovants, sachant que nos étudiants seront encore plus exigeants à l’avenir. La clé sera d’inventer et de proposer une véritable expérience étudiante « phygitale ».

Cela pose d’ailleurs de manière insidieuse la question des locaux, que nous devons penser différemment, même si nous avions déjà avancé sur ce point. Notre campus du Havre est un bel exemple du campus du futur, un bâtiment high-tech avec des lieux de collaboration et d’échanges, des espaces modulables, etc…

Nous anticipons bien sûr la rentrée avec plus de cours en distanciel, des aménagements d’espaces, l’élargissement des amplitudes horaires pour répondre aux règles de distanciation sociale qui seront probablement maintenues pendant quelques temps.

Mais nous devons voir encore plus loin. Aurons-nous besoin de continuer cette course effrénée aux m² supplémentaires ? Notre réflexion sur l’usage des bâtiments est un chantier sur lequel il est urgent de se pencher et qui aura des conséquences pour les business schools. Nous avons toujours besoin de nous voir mais différemment et avec d’autres objectifs. En somme, nous allons du « brick and mortar » vers du « clik and mortar ».

Un élément sur lequel il est bon de revenir toutefois est la mobilisation de tous les enseignants, personnels administratifs et étudiants dans la tourmente. Tous ont fait preuve d’un engagement total pour assurer la continuité pédagogique et basculer dans le 100% digital. Et cette capacité à se mettre à la hauteur des enjeux confirme la pertinence de notre modèle de management et de gouvernance.

 

Quête de sens

Les élèves ont également fait preuve de maturité en s’adaptant et en activant leurs associations solidaires. A l’heure où la quête de sens n’est plus un effet de mode, nous sommes convaincus que nous devrons porter une plus grande attention à la compréhension de notre monde afin que les jeunes en deviennent de véritables acteurs. Ils ne comprendraient pas que l’on recommence comme avant.

Désormais, les enjeux de développement durable et de responsabilité sociétale seront dans tous les cursus. Objectif : amener les apprenants à réfléchir sur les grands changements et leur donner des clés de lecture pour s’impliquer dans une transformation globale. Notre initiative #BeEngaged qui place le sens et l’engagement au cœur de la campagne e-admission 2020 en est une parfaite illustration.

Pour demain, nous sommes bien entendu attentifs à la situation de nos étudiants, des familles fragilisées, des jeunes diplômés qui arrivent sur le marché de l’emploi et aussi à la santé de nos partenaires nationaux et internationaux, universités, entreprises, institutions.

Notre volonté d’excellence nous permettra de résister et de nous projeter.

Nos efforts pour décrocher les meilleures accréditations, nouer des relations fortes avec notre écosystème, maintenir une stratégie de croissance et d’innovation nous permettent de rester parmi les acteurs clés de nos marchés. Et c’est sans doute la meilleure trajectoire pour offrir un service durable et résilient à toutes les familles.

 

Elian Pilvin
directeur général de l’EM Normandie

 

A propos d’Elian Pilvin

Diplômé du programme Grande Ecole EM Normandie en 1996, Elian Pilvin a créé et dirigé plusieurs sociétés spécialisées dans l’ingénierie de solutions audiovisuelles en France, au Maroc et en Chine de 1995 à 2013. En 2004, il devient Président de l’association Alumni EM Normandie. Il est aussi délégué inter-promotions du programme EMBA d’HEC Paris dont il sort diplômé en 2012. En 2013, il rejoint l’EM Normandie en tant que Directeur marketing et relations entreprises. Il est promu, en 2015, Directeur du développement et des opérations puis, en 2019, Directeur Général délégué avant de succéder, en février 2020, à Jean-Guy Bernard en tant que Directeur Général. Parallèlement, Elian Pilvin achève l’Executive DBA de l’université Paris-Dauphine.

 

A propos de l’EM Normandie 

Fondée en 1871 parmi les premières grandes écoles de commerce françaises, l’EM Normandie s’est imposée comme une institution de référence dans le monde des Business Schools. Elle est accréditée EQUIS, AACSB et EPAS pour son Programme Grande Ecole.

L’EM Normandie forme les managers de demain, futurs gouvernants responsables préparés à la conduite du changement, dans un environnement multiculturel et elle accompagne les salariés et dirigeants d’entreprises tout au long de leur carrière.

X
X