Finance : nos étudiants sont les acteurs et futurs décideurs d’une finance au service de l’économie réelle, de notre société et de notre planète

C’est maintenant

A l’heure d’une pandémie qui oblige au confinement de la moitié de l’humanité, il convient d’analyser cette crise dans la grille de lecture des 17 objectifs de développement durable de l’ONU qui guident les efforts internationaux pour un avenir meilleur et durable pour tous.

Il n’y a pas d’hommes en bonne santé sur une planète malade. Particulièrement, la déforestation, la proximité entre les milieux urbain et sauvage, ou encore la raréfaction de certaines espèces animales, sont des facteurs déterminants du développement des zoonoses. Il est indispensable de développer des projets de restauration et de protection des écosystèmes naturels, mais aussi de repenser les activités économiques dans une logique d’économie circulaire, pour limiter leur impact négatif sur la nature et créer des richesses multiples et durables.

Pour cela, afin de soutenir les projets et les activités de la transition écologique, la finance doit re-devenir un outil du développement économique, sanitaire et social. Ce rôle-clé est indiqué dans l’article 2 de l’Accord de Paris (2015) pour le climat, qui acte explicitement la nécessité de rendre « les flux financiers compatibles avec un profil d’évolution vers un développement à faible émission de gaz à effet de serre et résilient aux changements climatiques ».

La finance doit être au service de l’économie réelle et de la préservation de la biodiversité pour une planète durable.

 

Mais comment ?

Face à ces défis pour protéger la planète et face aux effets du changement climatique en particulier, l’enjeu de la finance durable est double : accompagner l’économie vers un modèle bas-carbone plus inclusif et faire face aux risques extra-financiers sur le long terme. Les acteurs financiers doivent appliquer les meilleures pratiques pour, à la fois, anticiper les risques de transition et protéger la valeur des actifs,  affronter les risques nouveaux liés aux impacts physiques du changement climatique, s’adapter aux évolutions réglementaires et in fine opérer la transition de l’économie vers un modèle bas-carbone et inclusif. Ils ont aussi l’opportunité de créer de la valeur, ou plutôt des valeurs. A cette fin, ils doivent identifier de nouveaux marchés pérennes et remettre le long terme au cœur de leurs stratégies de financement et de placement.

L’éthique d’un financier, d’un banquier, d’un gestionnaire de fonds ou encore d’un assureur, va au-delà de la conformité : il faut savoir replacer la mission de son entreprise et son activité dans le contexte présent et futur, en tenant compte de toutes les dimensions – économiques, financières et écologiques.

 

Grâce à la formation des futurs financiers

L’ensemble du secteur commence à faire évoluer ses offres, ses pratiques et ses métiers. Les acteurs se mobilisent, les initiatives se multiplient et de nouveaux métiers spécialisés dans la finance durable émergent au sein des organisations. En effet, ce changement de paradigme ne peut se faire sans le recours à de nouvelles expertises.

Un analyste financier doit maîtriser les instruments et documents comptables et extra-comptables pour mener à bien une analyse financière et extra-financière conjointe, sans opposer l’un à l’autre. Les décisions de politique financière doivent s’inscrire sur le long terme.

Le gestionnaire de risques doit savoir évaluer lesdits risques dans toutes leurs dimensions, allant du risque de crédit au risque climatique en passant par le risque sanitaire, pour se couvrir ensuite en utilisant les marchés dérivés pour ce besoin stricto sensu, sans se limiter au gain de court-terme qu’est celui de la spéculation.

Le gérant d’actifs doit savoir « pricer » une obligation, et dans ce cas, pourquoi ne pas le faire à partir d’obligations labellisées « vertes » ou « durables » ? De la même manière, au-delà de l’investissement socialement responsable, comment introduire les critères ESG dans la gestion passive ou encore réviser les modèles en développant un green beta ?

Si l’on évoque les placements alternatifs, nous pouvons aussi imaginer des labels verts, d’adaptation au changement climatique ou encore de « green value » dans la gestion de patrimoine et notamment les placements en Real Estate.

 

C’est tout juste le défi qui s’invite dans le débat intergénérationnel

La France est à la pointe de cette finance verte et durable. En atteste, par exemple, la réglementation française en termes d’obligation de transparence sur les risques liés au climat (Art. 173 de la loi TECV du 17 août 2015), mais aussi les volumes d’actifs gérés sur la base de critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance qui représentent un tiers de l’activité. Les acteurs financiers français – que ce soit les émetteurs privés ou publics, les arrangeurs ou encore les agences de notations extra-financières – sont les plus grands spécialistes des « obligations vertes ». Ils sont pionniers dans la comptabilité carbone, le financement du capital naturel ou encore dans le développement des « fintech » au service de la durabilité et des enjeux sociaux. Collectivement, le secteur financier français s’illustre comme force d’entraînement pour le développement de la finance durable à l’international, par exemple à travers les initiatives du One Planet Summit ou du Réseau des banques Centrales et des Superviseurs pour le verdissement du système financier (NGFS).

En ce sens, Finance for Tomorrow réunit des acteurs privés et publics pour faire de la finance durable le moteur du développement et de l’attractivité internationale de la place de Paris, notamment en co-présidant le réseau des places financières vertes de l’ONU Environnement (FC4S).

Malheureusement, malgré l’expertise développée par le secteur, la transmission des outils et des connaissances de la finance durable aux étudiants est encore trop limitée pour soutenir une transformation globale. Une grande partie des experts de la finance durable se forment dans le cadre de leur emploi. Les initiatives de formations, bien qu’excellentes et reconnues par le marché, sont encore trop peu nombreuses. En retour, le secteur financier n’a pas encore formulé clairement son besoin de compétences et sa politique de recrutement. C’est pourquoi, Finance for Tomorrow travaille à renforcer le volume des parcours de formation en finance durable. C’est dans ce contexte que NEOMA BS prévoit d’introduire des modules durables dans l’ensemble des thématiques couvertes par son master « Analyse Financière Internationale » : l’objectif est de fournir aux étudiants une vision holistique et décloisonnée d’une finance au service de l’économie réelle.

 

« Quand tu auras désappris à espérer, je t’apprendrais à vouloir », disait Sénèque. A nous, enseignants et professionnels en activité, de transmettre à nos étudiants les outils qui leur permettront de réinventer le système financier pour un avenir durable et pour la finance de demain !

 

Catherine Karyotis, Professeur de finance, Responsable du Mastère Spécialisé Analyse Financière Internationale – Full Time – Neoma Business School Campus de Reims

Anne-Claire Roux, Directrice Générale, Finance for Tomorrow – Paris Europlace

 

A propos de Catherine Karyotis

Catherine Karyotis, PhD, professeur de finance à Neoma Business School, dirige le Mastère Spécialisé Analyse Financière Internationale sur le Campus de Reims. Elle est membre du Comité scientifique de la SFAF – Société Française des Analystes Financiers et membre du Conseil d’administration du RIODD – Réseau International de recherche sur les Organisations et le Développement Durable. Elle est l’auteur de nombreux livres et articles, tant professionnels qu’académiques. Ses recherches portent sur les relations finance, économie et société pour remettre la finance au service de l’économie réelle et des Hommes.

 

A propos d’Anne-Claire Roux

Anne-Claire Roux est Directrice générale de Finance for Tomorrow, la branche  de Paris EUROPLACE dédiée à la finance verte verte et durable. Auparavant Directrice Finance durable de Paris EUROPLACE, Anne-Claire a été en charge de l’action de Paris EUROPLACE lors de la COP21, notamment la coordination globale du 1er Climate Finance Day organisé, en mai 2015, à Paris. Anne-Claire est diplômée de l’EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) et a travaillé sur les impacts politiques et environnementaux de la préparation des Jeux Olympiques d’Hiver de Sochi-2014. Elle a également un Master en Sciences Politiques et une licence d’Histoire de la Sorbonne.

 

NEOMA Business School affiche l’ambition d’être le challenger innovant des plus grandes Business Schools internationales.  Guidée par son plan stratégique, NEOMA Business School construit l’Ecole de demain et repense ses pratiques en matière d’international, de pédagogie, d’approche du digital et d’aménagement des campus.  L’Ecole, à travers ses 3 campus (Reims, Rouen et Paris), propose un large portefeuille de programmes depuis le Bachelor et le Programme Grande Ecole jusqu’à l’Executive Education, regroupant plus de 9 500 étudiants. Sa faculté rassemble plus de 160 professeurs permanents, enseignants-chercheurs, dont plus de 60% d’internationaux. NEOMA Business School compte plus de 57 000 diplômés basés dans 120 pays. Présidée par Michel-Edouard Leclerc, l’Ecole bénéficie du statut d’Etablissement Enseignement Supérieur Consulaire (EESC). Sa Directrice Générale est Delphine Manceau.

 

Finance for Tomorrow est la branche de Paris EUROPLACE, lancée en juin 2017, pour faire de la finance verte et durable un élément moteur du développement de la Place de Paris et la positionner en centre financier de référence sur ces enjeux. Les 80 membres de Finance for Tomorrow sont signataires d’une charte commune appelant à contribuer à réorienter les flux financiers vers une économie bas-carbone et inclusive, en cohérence avec l’Accord de Paris et les Objectifs du Développement Durable (ODD) de l’ONU.

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