La crise sanitaire pourrait-elle accélérer les politiques de RSE ?

De nombreux employés de bureau ont fait l’expérience du télétravail pour la première fois pendant la crise sanitaire du Covid-19. De manière générale, cette expérience semble avoir été très positive pour les entreprises qui ont pu poursuivre leurs activités pendant la période de confinement mais aussi pour leurs employés, qui ont découvert de nouvelles façons de travailler grâce notamment aux nouvelles technologies telles que les plateformes de visioconférence, de chats, etc.

 

Les résultats de l’enquête « Mon bureau post-confinement »[1] menée par la Chaire Workplace Management de l’ESSEC Business School sont d’ailleurs sans appel : une grande partie des employés de bureau souhaitent poursuivre l’expérience du télétravail après le confinement, et il en est de même pour les entreprises.

Cependant, la crise sanitaire et le développement du télétravail au sein des entreprises engendreront certainement un changement dans les modes de travail, mais aussi la possibilité de gains en termes de coût d’investissement et d’exploitation des immeubles de bureau.

C’est pourquoi, cette expérience réussie du télétravail et les incertitudes par rapport au redémarrage de l’économie ont poussé de nombreuses entreprises à repenser leurs dépenses immobilières. Si la majorité d’entre elles réfléchissent à un modèle hybride combinant télétravail et présence physique au bureau, certaines ont déjà exprimé le souhait de passer 100 % de leurs effectifs en télétravail.

Pour une majorité d’entreprises, il est probable que les employés retournent à leurs bureaux habituels par étapes afin que les espaces de travail ne soient pas occupés à leur capacité maximale à un instant T.

Cependant, alors que beaucoup se sont réjouis de la levée des restrictions, cela ne signifie pas que la vie au bureau peut immédiatement redevenir normale. Nous devons encore être prudents, peut-être prendre plus de précautions qu’auparavant et veiller à ce que les personnes autour de nous fassent de même.

De plus, les utilisateurs de bureau devront désormais travailler différemment. Les nouvelles mesures peuvent en effet inclure l’alternance entre présence au bureau et journées de télétravail, des limites sur le nombre maximum de personnes dans certains espaces et la capacité réduite des salles de réunion.

Notre dernière enquête a montré que cette crise sanitaire a fait évoluer les besoins personnels et professionnels des employés de bureau. La question de l’hygiène et le maintien des distances de sécurité sont devenues essentielles dans cette période post-confinement. Cependant, le désir d’aller travailler au bureau reste intact pour une grande majorité des répondants. En effet, seule une petite minorité se dit désormais favorable au télétravail à temps plein.

Alors comment les entreprises doivent-elles prendre en compte les enjeux économiques, sanitaires, sociaux et éthiques de cette crise sanitaire dans leurs activités ? Le développement du télétravail, accompagné notamment des politiques de santé et bien-être au travail, le support aux modalités des mobilités douces pour aller travailler sont typiquement des actions de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) qui peuvent favoriser leur performance économique et contribuer à une société plus juste. La réaction des entreprises face à cette crise sanitaire peut être un vrai accélérateur des politiques de RSE. La crise du Covid-19 aura donné aux entreprises l’opportunité de repenser l’impact de leurs activités et, peut-être, l’envie d’aller plus loin dans leurs politiques de responsabilité sociale.

[1] Enquête réalisée du 16 avril au 30 avril 2020 auprès de 802 employés de bureau en France. Résultats disponibles sur http://workplace-management.essec.edu/nos-enquetes/espaces-de-travail-et-post-confinement

 

Ingrid Nappi, professeur de l’ESSEC

Gisele de Campos Ribeiro, ingénieure de recherche à la Chaire Workplace Management de l’ESSEC Business School

 

A propos d’Ingrid Nappi

Professeur, membre du corps professoral permanent de l’ESSEC, au Département Droit et Environnement de l’entreprise depuis 1995, Ingrid Nappi est titulaire d’un Doctorat ès sciences économiques de l’Université de Paris XII et a réalisé son post-doctorat dans le Département Immobilier de la Wharton School à Philadelphie. Elle est également titulaire de deux HDR (Habilitation à diriger des recherches) en Gestion et en Aménagement-Urbanisme. Elle est qualifiée CNU aux fonctions de professeur des universités. Elle est également professeur à l’ENPC. Elle est par ailleurs l’auteur de plusieurs dizaines d’articles académiques et de quatre ouvrages immobiliers, dont le dernier : Révolutions de bureaux paru chez PC Editions en 2019.

Ingrid Nappi est Chevalier dans l’Ordre National du Mérite et Pierre d’Or Immobilier durable, membre du Conseil de l’Immobilier de l’Etat, administratrice de l’Observatoire Régional du Foncier d’Ile-deFrance et membre du Conseil de Développement de la Métropole du Grand Paris.

 

A propos de  Gisele de Campos Ribeiro

Gisele de Campos Ribeiro travaille en tant qu’ingénieure de recherche à la Chaire Workplace Management de l’ESSEC Business School. Elle est diplômée en statistiques de l’UFPR au Brésil et a un doctorat en sciences de gestion de l’université Paris-Dauphine. Ses travaux ont été publiés dans le Journal of Business Ethics, le Journal of Business Research, et le Journal of Corporate Real Estate.

 

A propos de l’ESSEC

L’ESSEC Business School, fondée en 1907, est un acteur majeur de l’enseignement de la gestion sur la scène mondiale qui détient la « Triple couronne » en ayant les accréditations EQUIS, AACSB et AMBA. Avec 6 660 étudiants en formation initiale, une large gamme de programmes en management, des partenariats avec les plus grandes universités dans le monde, un réseau de 60 000 diplômés, un corps professoral composé de 163 professeurs permanents en France et à Singapour dont 19 professeurs émérites, reconnus pour la qualité et l’influence de leurs recherches, l’ESSEC perpétue une tradition d’excellence académique et cultive un esprit d’ouverture au service des activités économiques, sociales et de l’innovation. En 2005, l’ESSEC a ouvert un campus en Asie, l’ESSEC Asia-Pacific, stratégiquement situé à Singapour. Ce campus représente pour l’ESSEC l’opportunité de participer à la croissance de l’Asie et d’apporter son expertise dans cette région en pleine expansion. En 2016, l’ESSEC a ouvert un nouveau campus ESSEC Afrique à Rabat, au Maroc. L’expansion internationale de l’ESSEC permet à ses étudiants et professeurs d’étudier et comprendre les forces économiques en présence dans les différentes régions du monde. Pour toute information complémentaire : www.essec.edu« 

X
X