La recherche à Sciences Po se mobilise pour l’environnement

 

©Céline Bansart

Une implication ancienne et exponentielle 

C’est depuis plus de dix ans que les recherches sur  la question environnementale ont été entamées à Sciences Po, et ce dans différentes disciplines des sciences sociales. On peut notamment évoquer l’étude des politiques publiques qu’elles soient supranationales (Europe), nationales (Chine, Etats-Unis), sectorielles (mobilité, énergie, …) ou bien encore territoriales (villes et régions). D’autres recherches abordant les questions environnementales par le biais de la sociologie des organisations ont aussi été engagées. C’est notamment le cas des travaux conduits sur la consommation engagée ou ceux portant sur les pesticides. On peut également citer les travaux du médialab dont les outils d’analyse  permettent de mesurer et qualifier les usages du numérique liés aux questions environnementales. Complétant la diversité de ces approches, des recherches sont conduites sur l’histoire des enjeux environnementaux, comme ceux traitant de l’impact sociétal de catastrophes naturelles historiques et leur gestion. Les effets du réchauffement climatique sont aussi étudiés, qu’il s’agisse des défis que ce dernier pose aux petits Etats insulaires, des questions migratoires ou des négociations internationales qui y sont consacré.

Qu’ils portent sur les dimensions économiques, politiques, sociologiques, voire technologiques, nombre de ces études se donnent pour objectif d’identifier et caractériser les acteurs concernés, d’analyser leurs politiques, leurs intérêts et les impacts de leurs actions.  Par ailleurs, beaucoup d’entre eux sont effectués dans le cadre d’appels à projet concurrentiels proposés par l’Union européenne, l’Ademe, la Ville de Paris… Enfin, un nombre croissant de doctorants et doctorantes s’emparent des questions environnementales élargissant les travaux à de nouvelles disciplines et problématiques, telles que celles posées par le droit.

 

 

©Alexis Lecomte

Une alliance renforcée entre les disciplines 

Depuis deux ans bientôt, l’ensemble des chercheurs et chercheuses étudiant ces questions se réunissent pour partager leurs recherches au sein de l’atelier interdisciplinaire de recherches sur l’environnement (AIRE). Structuré autour de cinq axes (Crises, environnement, catastrophes ; Santé et environnement ; Territoires, démocratie et justice environnementale ; Modes de vie, soutenabilité et transitions écologiques ; Gouvernance de l’environnement), ce séminaire accueille régulièrement des intervenants extérieurs, venant de tous horizons. Reflet de l’interdisciplinarité accrue, un nouvel axe de recherches “Environnement” est en cours de création au Laboratoire interdisciplinaire des politiques publiques.

Mais c’est aussi en coopération de plus en plus étroite avec les sciences dites dures que les travaux environnementaux se développent à Sciences Po. A titre d’exemple on peut citer une étude sur l’exploitation du sel en Méditerranée, en partenariat avec des géologues, des chimistes, des physiciens et des biologistes.
Afin d’encourager les échanges avec les sciences naturelles et du vivant, Sciences Po s’est engagé dans la création d’un laboratoire hors les murs co-porté avec l’Université de Paris. Devenu opérationnel au printemps dernier, le Centre des politiques de la terre, à la gouvernance duquel participent deux chercheurs de Sciences Po, Charlotte Halpern et Jean Chiche, se donne un programme ambitieux. Partant du constat que des grands cycles comme ceux de l’eau, du carbone, de l’azote, les phénomènes telluriques ou climatiques, les ressources énergétiques sont autant de processus qu’il faut aujourd’hui repenser dans leurs interactions avec les activités humaines, le Centre des politiques de la Terre se donne comme objectif de développer de nouvelles manières de connaître et gouverner ces phénomènes socio-environnementaux, en s’inscrivant dans une relation transformée entre science et société. Autre point notable, ce centre, s’il est dédié à une activité scientifique, poursuit aussi la mission de partager ses interrogations et résultats avec le grand public.

 

 

Charlotte Halpern et Guillaume Plantin,
Sciences Po

 

A propos de Charlotte Halpern

Charlotte Halpern, politiste, chercheure au Centre d’études européennes et de politique comparée de Sciences Po consacre ses recherches aux transformations de l’action publique. Elle s’attache en particulier à analyser les politiques publiques de l’environnement, la ville durable, la gouvernance territoriale et les politiques publiques du transport et des infrastructures (aéroports, light rail, mobilité urbaine) ainsi que la gestion des services collectifs urbains (déchets, mobilité). Autant de travaux qu’elle conduit dans une perspective comparée, principalement en Europe (Royaume-Uni, France, Allemagne et Union européenne) et en Amérique du Sud (Pérou). Elle est aujourd’hui membre du bureau du Centre de politique de la terre, co-porté par Sciences Po et l’Université de Paris.

A propos de Guillaume Plantin

Guillaume Plantin est directeur scientifique de Sciences Po et professeur à son Département d’économie. Ses recherches portent sur la régulation financière et la politique monétaire.  Diplômé de l’École Polytechnique et de l’ENSAE, titulaire d’un doctorat de la Toulouse School of Economics, Guillaume Plantin a été professeur de finance à l’Université Carnegie Mellon (États-Unis), à la London Business School (Royaume-Uni) et à la Toulouse School of Economics. Il a également été commissaire-contrôleur au sein de l’autorité de contrôle prudentiel des entreprises d’assurances (1997-2001), membre du Conseil d’analyse économique (2012-2014). Il fait partie aujourd’hui du Conseil scientifique de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution de la Banque de France.

X
X