Le coronavirus, a démontré l’intelligence des territoires et mis en évidence l’implication des Grandes écoles

La Conférence des grandes écoles compte 229 écoles membres, réparties sur l’ensemble du territoire national et pas uniquement dans les grandes métropoles. Dans tous les cas, les Grandes écoles sont historiquement profondément ancrées dans leurs territoires qu’elles irriguent au travers de l’ensemble de leurs activités et au développement duquel elles contribuent fortement.

Face à cette crise sanitaire mondiale sans précédent, dès l’annonce du confinement à l’échelle nationale par le gouvernement, les Grandes écoles ont su réagir de façon efficace et rapide pour répondre à un besoin urgent : préserver la santé des étudiants, des personnels et collaborateurs, continuer de garantir à tous les étudiants une scolarité complète et exigeante, et aussi bien sûr contribuer à l’effort national sur leurs territoires.

Les innovations sont nombreuses, diverses toujours en réponse aux enjeux territoriaux spécifiques De façon immédiate, de nombreuses initiatives ont apporté de l’aide aux soignants. Dans les tous premiers jours, les écoles ont mis à disposition des hôpitaux les stocks de milliers de masques dont elles étaient équipées. Très vite les Fablabs ont pris le relai en lançant le prototypage de visières, lunettes antiprojection, pièces pour respirateurs … La rapidité avec laquelle la production a été lancée tient à la mise en réseau des makers qui ont partagé compétences, ressources et savoir-faire. Le besoin critique en fournitures a fait l’objet d’appels à don, parfois inattendus de la part d’acteurs locaux, comme celui très conséquent de la libraire emblématique Les Volcans à Clermont-Ferrand qui a fourni du film plastique pour soutenir le fablab de SIGMA Clermont, avant que le Conseil régional n’organise une vaste distribution de matière à tous les fablabs régionaux. Les fablabs « tournent à plein régime » dans les Grandes écoles (8000 visières/semaine sur 8 campus pour l’ENSAM), les innovations sont nombreuses, diverses toujours en réponse aux enjeux territoriaux spécifiques.

 

La lutte contre le coronavirus a décloisonné les périmètres d’intervention sur les territoires conduisant à des coopérations inédites en un temps record

Ce numéro de GrandAngle est riche d’exemples : aide alimentaire, équipement numérique, soutiens financiers exceptionnels, accompagnement psychologique, promotion de l’emploi étudiant, … depuis le début de la crise Covid-19, les régions se sont mobilisées, aux côtés des établissements de l’ESR et des Crous, pour venir en aide aussi aux étudiants. Les collectivités ont fait preuve de souplesse et ont déployées une réelle inventivité pour mettre en relation les acteurs locaux, entreprises, … Ainsi la lutte contre le coronavirus a décloisonné les périmètres d’intervention sur les territoires conduisant à des coopérations inédites en un temps record.

Les étudiants des écoles sont une force vive exceptionnelle en temps normal en contribuant à la vie sociale, environnementale, culturelle locale. Toutes les écoles les ont encouragés et soutenus dans leur engagement au travers d’aménagements et dispositions variés dès le début de la pandémie : de l’aide aux plus jeunes pour soutenir « l’école à la maison » (cheval de bataille de Centrale Marseille) à la mise à disposition d’expertise aux PME locales fortement touchées par la crise (comme le marquant #sauvonsuneboite d’Audencia Nantes), ou encore la mobilisation pour prêter main forte aux secteurs en tension telles que exploitations agricoles et entreprises de l’agroalimentaire (jusqu’au statut étudiant « soutien d’entreprise » de l’EI PURPAN), et bien sûr l’intégration forte à la réserve sanitaire.

 

La question de l’équilibre entre national et local est au cœur du débat aujourd’hui

Le nouvel épisode du déconfinement sera-t-il l’opportunité de renforcer l’échelon local ? La flexibilité du modèle allemand et l’autonomie de ses Länder ont été louées comme les clés du succès contre la pandémie. Alors que la situation italienne a montré que la régionalisation a profité aux territoires les plus riches. Une situation de crise force le trait, exacerbe les différences et révèle forces et faiblesses. La question de l’équilibre entre national et local est au cœur du débat aujourd’hui.

L’échelon territorial est bien un échelon stratégique pour les Grandes écoles. La lutte contre cette crise d’une ampleur inédite, générée par le coronavirus, a démontré l’intelligence des territoires mais aussi a mis en évidence l’implication des Grandes écoles, leur empreinte dans toutes ses dimensions sur leur territoire.

L’expérience de ces dernières semaines dessine un modèle nouveau, fait de fertilisations croisées, plus durable, plus solidaire, … plus à l’écoute des territoires dans leurs spécificités et diversité. Nul doute que le travail de la nouvelle commission Grandes écoles & Territoires sera fortement imprégné de ce retour d’expériences.

Sophie Commereuc
présidente de la Commission Grandes écoles et Territoires)
directrice de SIGMA Clermont

présidente de la conférence régionale, l’Alliance des Grandes Ecoles Rhône-Alpes Auvergne (AGERA)

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