Montpellier SupAgro partenaire privilégié de l’enseignement agricole africain : une expertise reconnue sur la rénovation pédagogique et l’ingénierie de formation

Le dispositif d’enseignement supérieur africain est confronté à des tendances démographiques très lourdes et doit répondre impérativement au double défi de la massification des flux d’étudiants dans les formations (au Sénégal, comme en Côte d’ivoire, le nombre d’étudiants devrait passer de 150 000 aujourd’hui à plus de 450 000 à l’horizon 2030) et de leur insertion professionnelle. Dès les années 90-2000 les gouvernements africains ont développé un réseau d’universités en région, complété par un second dispositif offrant un enseignement supérieur court professionnalisant, qui représente actuellement 28% des inscrits de l’enseignement supérieur en Afrique. Les Grandes écoles africaines gardent leur vocation initiale de formation de cadres supérieurs, en contribuant à l’innovation par la recherche.  Elles sont cependant indirectement impactées par la massification des arrivées d’étudiants au niveau supérieur,  et voient leur influence diminuer par rapport aux universités. La généralisation du LMD au niveau mondial remet en question le modèle de formation d’ingénieur qui a déjà été abandonné dans certains pays africains francophones. D’autres pays conscients du caractère stratégique du maintien de ces formations d’excellence pour leur développement économique prennent conscience de la nécessité d’une adaptation rapide de leurs grandes écoles et de l’importance de mettre leurs formations en réseau avec celles d’autres pays.

L’enseignement supérieur africain s’insère désormais dans un marché mondial et globalisé, au sein duquel il doit trouver sa place tout en faisant face à ces transformations profondes. Ces mutations constituent autant d’opportunités de coopération.

Montpellier SupAgro s’inscrit dans une longue tradition de partenariat avec de nombreux pays africains (25 pays). Des coopérations d’envergure ont été mises en place en matière de rénovation pédagogique et ingénierie de la formation en appui aux établissements et aux États africains pour accompagner les évolutions de leurs dispositifs de formation agricole.

Dans cet environnement international de plus en plus concurrentiel, Montpellier SupAgro renforce par ailleurs ses liens avec le Cirad et l’IRD pour être en mesure de mieux répondre aux attentes de ses partenaires (approche intégrée Formation-Recherche-Innovation, développement de formations délocalisées, …).

La prise en compte des nouveaux enjeux pour l’enseignement supérieur en Afrique conduit Montpellier SupAgro à faire évoluer ses stratégies d’interventions. D’une part, en renforçant ses actions en direction d’un premier cercle d’établissements partenaires prioritaires avec lesquels les relations sont élargies et densifiées afin de leur permettre de jouer un rôle de tête de réseau pour répondre aux nombreuses sollicitations venant du sous-continent. D’autre part, en s’engageant dans de nouveaux dispositifs de coopération interuniversitaire (campus franco-sénégalais, hub franco-ivoirien), véritables incubateurs de projets dans les domaines de la formation, de la recherche et de l’innovation-transfert, qui visent à stimuler et accompagner la maturation et le développement d’actions innovantes entre établissements français et établissements nationaux. Montpellier SupAgro est directement partie-prenante de ces dispositifs au sein desquels il contribue à co-construire de nouvelles approches ayant une dimension plus stratégique de renforcement institutionnel.

 

Les actions ci-dessous illustrent cette dynamique :

  • Montpellier SupAgro mobilisé sur la rénovation pédagogique de l’École Supérieure d’Agronomie (ESA) de l’INP-HB- République de Côte d’Ivoire : Montpellier SupAgro accompagne depuis 2015 l’École Supérieure d’Agronomie de l’INPHB pour moderniser ses formations. Cette appui porte sur l’adaptation de son offre de formation au système LMD et sur le renforcement de son adéquation avec les besoins socio-professionnels. Il accompagne également le renouvellement des équipements pédagogiques intégrant les nouveaux enjeux du numérique et scientifiques (intégrant les plus récentes technologies dans les enseignements). Il porte enfin sur le renforcement des capacités du personnel pédagogique, technique et administratif et sur la convergence vers les standards internationaux de qualité pour l’enseignement supérieur. Cette collaboration a notamment débouché sur une rénovation du cursus ingénieur agronome, sur la mise en place d’un double diplôme entre l’ESA de l’INPHB et Montpellier SupAgro, et permet à l’ESA de viser l’obtention de l’accréditation prochaine de sa formation d’ingénieurs par la CTI.

 

  • Montpellier SupAgro s’investit dans l’appui à la création d’une nouvelle université agricole au Sénégal / USSEIN (Université Sine-Saloum El Hadji Ibrahima Niasse) : Montpellier SupAgro collabore depuis longtemps avec les établissements sénégalais ce qui a permis de construire une connaissance mutuelle et des relations de confiance. Cette expérience lui a permis de s’engager, sous l’égide d’Agreenium et en lien avec le Cirad, dans un ambitieux projet d’appui à la création, au Sénégal, d’une nouvelle université thématique agricole (USSEIN) localisée à Kaolack qui vise à terme à accueillir plus de 30 000 étudiants. C’est Montpellier SupAgro qui met à disposition le chef de projet, et toute l’expérience de son équipe Défis reconnue pour son expertise dans l’appui à l’ingénierie de formation au Sud. Les objectifs de ce projet, qui a démarré en 2015, sont d’accompagner les enseignants-chercheurs dans la définition des nouvelles filières de formations et dans l’écriture des référentiels métiers (30 licences professionnalisantes ont été construites) ; de susciter l’émergence de stratégies pédagogiques innovantes ; de créer un environnement recherche formation incitatif ; et de mettre en adéquation la stratégie, la gouvernance et l’organisation de cette université.

 

  • Montpellier SupAgro assure l’animation et la coordination d’un réseau d’appui à l’enseignement technique et professionnel de 16 pays africains : Développer des filières courtes (Bac+2/+3) et professionnalisantes tant dans l’enseignement supérieur que dans les dispositifs de formation technique et professionnelle représente, pour l’Afrique, un enjeu majeur. En effet, les secteurs économiques expriment, dans la plupart des cas, un fort besoin en cadres de niveau intermédiaire qu’ils considèrent comme nécessaires à leur développement. Montpellier SupAgro, en partenariat et avec le soutien de l’Agence Française de Développement (AFD), assure l’animation et la coordination d’un réseau international Formation Agricole et Rurale (FAR). Ce réseau rassemble 16 pays membres (Algérie, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique Côte d’Ivoire, Guinée, Madagascar, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad, Togo, Tunisie). Il constitue une plateforme d’échange, d’analyse, de production de références et de capitalisation d’expériences pour appuyer les équipes nationales dans l’élaboration de leurs stratégies de formation agricole et rurale. Il contribue aussi à former et à structurer une expertise locale de haut niveau destinée à accompagner les réformes institutionnelles, et à favoriser le renforcement d’un réseau d’expertise Sud et d’une coopération Sud-Sud. La formation de formateurs constitue un élément central de cet appui. A ce sujet, Montpellier SupAgro accompagne le réseau FAR dans la mise en place d’un Master international en ingénierie des formations agricoles et rurales destiné à renforcer les capacités des formateurs et des responsables de centres de formation agricole. Les premiers éléments de ce Master devraient pouvoir se concrétiser courant 2019 au Sénégal dans le cadre d’un partenariat associant établissements sénégalais et français.

 

Les nouveaux enjeux et les problématiques émergentes nous obligent à aborder ces questions, liées à la massification de la formation, de manière originale et innovante. Les collaborations entre les établissements partenaires et Montpellier SupAgro conduisent à la co-construction de solutions ou de dispositifs spécifiques, contextualisés aux problématiques rencontrées. Elles contribuent également à mieux formuler les besoins des institutions – et plus globalement des systèmes – d’enseignement supérieur des pays partenaires et, conséquemment, de faire émerger des demandes qui influent sur les stratégies politiques sous-sectorielles ainsi que sur l’orientation des interventions des différents partenaires techniques et financiers. De par l’expérience accumulée et les relations de confiance tissées avec de nombreux pays, Montpellier SupAgro reste à l’écoute de ses partenaires.

 

Jérôme Thonnat, directeur des services d’appui
Jean-Luc Bosio, chef du services des relations internationales
Khalid Belarbi, directeur de l’Institut des régions chaudes
Montpellier SupAgro

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