Y SCHOOLS et le Cameroun : récit d’une implantation en Afrique Subsaharienne

Y SCHOOLS (ex-Groupe ESC Troyes) est une institution d’enseignement supérieur reconnue par l’État, membre de la Conférence des grandes écoles. Notre institution est également labellisée EESPIG depuis le 05 avril 2017. Originellement de statut consulaire (créée en 1992 par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Troyes et de l’Aube) et fortement soutenue par les tissus économiques et politiques de son territoire, elle a ouvert en 2010 sa gouvernance à un grand nombre de décideurs locaux et régionaux en adoptant le statut d’association à but non lucratif Loi 1901 et s’est progressivement constituée d’organes de réflexion (un Conseil Stratégique présidé par Eric Lombard, directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations mais aussi un Conseil Scientifique et des Conseils de Perfectionnement des Programmes et un Conseil d’Administration présidé par Didier Papaz, président-directeur général du groupe Optic 2000) dont les membres affichent une qualité d’envergure nationale et internationale.

La stratégie de développement de Y SCHOOLS s’est rapidement basée sur une diversification de ses activités en créant régulièrement des programmes novateurs (École Supérieure de Tourisme, École Supérieure de Design, MSc Innovation, Création et Entrepreneuriat, Stud’Up, doubles-diplômes avec des acteurs reconnus de l’enseignement supérieur français) et en profitant d’opportunités de croissance endogène et exogène (acquisition d’un pôle de formation professionnelle, d’Écoles de la 2ème Chance, de Pigier Troyes et Pigier Metz).

Les effectifs en formation initiale ont été multipliés par 5 entre 2000 et 2015 pour représenter aujourd’hui plus de 1800 étudiants. Une activité Pôle de Formation et Évolution Professionnelle ainsi que deux Écoles de la 2ème Chance complètent l’ensemble et représentent à elles seules environ 50% du budget global (22 millions d’euros).

 

Mener une politique internationale innovante et ainsi éviter la standardisation

Depuis sa création, Y SCHOOLS s’appuie sur trois axes fondateurs majeurs : innovation entrepreneuriale, transversalité et responsabilité sociale & environnementale. Conscient du fait que l’avenir se joue sur d’autres continents et fort de son expérience dans le domaine des échanges internationaux (plus de 200 partenaires dans le monde), Y SCHOOLS a rapidement pensé qu’un nouveau terrain pouvait être à la fois source d’enrichissement pour les partis-pris pédagogiques et permettre de contribuer à son équilibre économique. Après analyse des possibilités qu’offrent les autres parties du monde, le choix final se porte sur l’Afrique subsaharienne. Pourquoi ? L’objectif principal étant de mener une politique internationale innovante et ainsi éviter la standardisation. Très rapidement, Francis Bécard, directeur général de Y SCHOOLS, élabore une stratégie autour de cette opportunité et engage, avec le soutien du Conseil Stratégique, une étude de faisabilité approfondie.
Pourquoi l’Afrique ?

Avec une croissance économique soutenue à environ 5% en moyenne ainsi qu’un marché composé de près d’1,5 milliard d’habitants, le continent africain représente une mine merveilleuse de possibilités. Cette croissance va au-delà des métaux et matières premières. Les pays émergents africains, tels que le Cameroun, le Sénégal, la Côte d’Ivoire se développent grâce à une forte diversification des activités : télécommunications, banques-assurances, grande consommation, e-commerce, construction, transport et énergie. Ces pays attirent de plus en plus d’investissements et l’Afrique est plébiscitée par de grosses entreprises internationales (Microsoft, Facebook, Nestlé, Google, Unilever…) comme françaises (Carrefour, Orange, Lafarge, L’Oréal, Casino, Saint-Gobain, Danone, Bouygues, Lagardère, SNCF, Veolia, Suez, Vinci, Sanofi, AirFrance, Total…).

Les croissances démographique et urbaine sont deux atouts majeurs. Le taux de natalité qui atteint jusqu’à 7,6 enfants par femme en Afrique de l’Ouest reflète visiblement cette explosion démographique. Ce phénomène laisse supposer que le territoire n’est pas encore au bout de sa transition démographique. La hausse de la natalité au même titre que l’accroissement d’une bourgeoisie locale influencent grandement l’exode rural. En effet, le territoire connait l’essor d’une classe moyenne qui se définit par un fort potentiel de consommation. Et qui exige des services de haute qualité.
La formation, en particulier l’enseignement supérieur, fait partie des postes de dépenses pour lesquels ces ménages sont prêts à investir. En plus d’avoir un rôle économique important, ces classes moyennes jouent également un rôle social déterminant. Elles sont réputées pour avoir une certaine influence au niveau politique mais aussi au sein de réseaux plus restreints.

 

De multiples défis attendent l’Afrique

Bien que l’Afrique possède de nombreux atouts, de multiples défis l’attendent. Les questions de la gouvernance, du manque d’infrastructures et d’inadaptation des formations se posent. Ce dernier point est essentiel pour Y SCHOOLS. Chaque année environ 12 millions de jeunes arrivent sur le marché du travail. Le vrai défi est donc de créer des formations qui soient à l’écoute des besoins des entreprises.

 

Octobre 2016 : Y SCHOOLS s’implante au Cameroun

Le Cameroun est apparu comme un terrain favorable pour le développement de notre écosystème. Une croissance économique et démographique stable combinée à un climat économique et politique plutôt stable permettent de se projeter sur ce territoire. Le pays se caractérise par une population jeune. Près de 50% de la population a moins de 20 ans (1). Pour Didier Papaz, président-directeur général d’Optic 2000 et président de Y SCHOOLS, l’Afrique a un potentiel précieux qui réside dans sa jeunesse. Cette population constitue une main d’œuvre dynamique et un marché en devenir. Un rapport récent de la Banque Mondiale précise qu’en 2050 l’Afrique Subsaharienne disposera d’une main d’œuvre plus jeune et plus importante que l’Inde ou la Chine. Ce capital humain peut être un avantage compétitif si le système de formation et d’éducation réussit l’intégration sur le marché du travail de ces nouveaux actifs. L’offre de formation est donc un sujet important dans la mesure où la volonté du gouvernement camerounais est de limiter la fuite des cerveaux à l’étranger par manque de possibilités au Cameroun.

Par ailleurs, aucune autre institution d’enseignement supérieur, locale ou étrangère, n’est encore significativement présente sur ce territoire. Le Cameroun s’est donc imposé à Y SCHOOLS comme une évidence. Nous sommes la quatrième institution européenne à s’implanter en Afrique Subsaharienne, et la première institution française au Cameroun. Il s’agit d’une réelle fierté.

 

Y SCHOOLS ouvre l’EIME – École Internationale du Management et de l’Entrepreneuriat à Yaoundé

L’EIME est le premier campus offshore de notre écosystème, il s’agissait d’une étape cruciale dans le développement de Y SCHOOLS. Cette implantation a été vécue comme une onde de choc culturel pour nos collaborateurs, nos apprenants, nos financeurs et notre direction. Mais elle a provoqué une véritable prise de conscience collective et une remise en question mutuelle, nous imposant de recentrer nos projets vers une relation plus durable avec les environnements dans lesquels ils se construisent et une confiance mutuelle avec les acteurs en charge de cette construction.

Notre implantation n’aurait pas été possible sans le soutien du Lycée Français de Yaoundé, qui partage avec nous ses infrastructures, ainsi que la confiance de l’Ambassade de France au Cameroun et de S.E M.Gilles Thibault. À l’heure actuelle, nous dispensons à Yaoundé un Bachelor Business & Management. L’objectif pour Y SCHOOLS était de partager un système d’enseignement à la française en reproduisant notre modèle de bachelor (bac+3) et en y faisant intervenir nos enseignants-chercheurs mais aussi des professionnels locaux.

En 2018, nous avons effectué notre troisième rentrée au Cameroun. L’EIME compte aujourd’hui 100 étudiants. Nous diplômerons la première promotion à la fin de cette année universitaire. Cela nous permet aujourd’hui d’envisager la 2ème phase de notre projet.

 

La mise en place d’actions et d’outils au bénéfice des jeunes talents

À long terme, notre ambition est une duplication du modèle troyen, alliant offre de formation et implication dans le développement du territoire. Cela passera notamment par la mise en place d’actions et d’outils au bénéfice des jeunes talents entrepreneurs, tels qu’un incubateur par exemple. Nous souhaitons aussi favoriser les échanges entre nos étudiants français et camerounais. Ainsi, nous proposerons aux étudiants français des écoles de Y SCHOOLS de passer un semestre au Cameroun mais aussi à nos étudiants camerounais de poursuivre leurs études en France.

Y SCHOOLS souhaite s’installer durablement sur le continent africain en continuant donc à cultiver son projet en Afrique. À partir d’indicateurs sélectionnés permettant une vision plus précise sur la segmentation des populations, l’évolution du PIB, la stabilité politique et économique, les grands challenges et programmes nationaux de développement (2), il se dégage un intérêt plus particulier pour certains pays.

 

1 Source : Banque Mondiale
2 « Plan Sénégal Emergent », « Cameroun Vision 2035 », création d’une université franco-sénégalaise annoncée par le Président Macron…

Dounya Gharbage
responsable des Relations Internationales
Y SCHOOLS

 

A propos de Dounya Gharbage

Dounya Gharbage travaille depuis 5ans dans le secteur de la formation. La frontière entre l’enseignement et ses domaines d’expertises avec l’engagement de soi, les valeurs et la passion ne sont jamais bien éloignés.
Originaire des Hauts de France, elle y aura fait toutes ses études, et après 2 années de Classe préparatoires B/L au Lycée Faidherbe à Lille, elle est Diplômée d’un Master de l’Université Lille III en Relations Interculturelles et Coopération Internationale.
Professeur certifiée d’anglais, CAPES obtenu en 2013, elle a toujours eu pour vocation de travailler dans l’enseignement. Elle débute sa carrière en 2014 au sein de l’Education Nationale.
En 2015 elle rejoint Y SCHOOLS au sein du département des Relations Internationales ayant aussi une appétence pour les questions interculturelles. Dans ce cadre elle participe au développement du groupe en Afrique qui y ouvre l’EIME à Yaoundé.
À présent Responsable des Relations Internationales chez Y SCHOOLS depuis 2017, elle met tout en œuvre pour développer les activités du Groupe à l’International.
Lauréate depuis 2011 de l’association Aréli Emergence visant à promouvoir l’égalité des chances dans l’enseignement supérieur, elle y est toujours une membre active car donner des opportunités de réussite à des élèves brillants venant de milieux modestes est une cause importante.

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