Entretien avec Michel Rollin, directeur général de l’ESC Saint-Etienne et animateur du groupe de travail Relations entreprises du Chapitre de la CGE

Michel Rollin est directeur général de l’ESC Saint-Etienne depuis avril 2006 et animateur du groupe de travail Relations entreprises du Chapitre des Écoles de management depuis 2 ans. Diplômé de l’ESC Lyon devenue EMLYON et du CPA (Centre  international de formations pour dirigeants), il a commencé sa carrière dans l’industrie et les services à l’industrie à des fonctions d’encadrement commercial, puis il a assuré des responsabilités administratives et financières au sein de filiales de groupes importants. Il a ensuite accompli l’essentiel de son parcours professionnel dans le « consulting », de consultant à directeur associé de groupes régionaux et nationaux de conseil. Cette activité l’a conduit à aborder trois grands domaines de compétences : le recrutement de cadres et de dirigeants, l’organisation, la stratégie. Il s’est spécialisé dans l’accompagnement stratégique de dirigeants et d’équipes de direction, essentiellement en entreprises de taille intermédiaire. Il a en parallèle, pendant 3 ans, lancé puis géré le programme « Reprise d’entreprise » du Centre des Entrepreneurs d’EMLYON. Il est l’auteur d’un ouvrage sur la reprise d’entreprise au plan opérationnel (Maxima – 2006).

CGE : Quels sont les axes principaux et stratégiques des travaux du groupe Relations entreprises ?

M.R. : Le groupe « Relations entreprises » du Chapitre est composé des collaborateurs des grandes écoles qui traitent de cette problématique globale au sein de nos écoles. On sait que, dans la période actuelle, les enjeux de ces services sont particulièrement élevés puisque ces services travaillent sur des sujets tels que, entre autres, le financement des écoles par le biais des entreprises ou l’employabilité des jeunes diplômés. Ces collaborateurs ont pris l’habitude de se retrouver une fois par an, dans l’une de nos écoles, avec deux objectifs : le premier est d’échanger des bonnes pratiques, le second de nouer et de cultiver des relations interpersonnelles et de convivialité. Cette convention rencontre un succès jamais démenti puisqu’elle réunit une centaine de personnes, cette année pour la 24ème fois à Reims. Mon travail ainsi que celui du groupe très actif de volontaires qui m’accompagne dans cette mission est d’organiser l’événement, en collaboration avec l’école hôte, et, surtout, de trouver les moyens d’apporter, au cours de ces rencontres, les réponses aux questions que se posent ces collaborateurs, questions qui sont de plus en plus techniques et pointues. Ces rencontres poursuivent ainsi, de plus en plus, un troisième objectif qui est l’acquisition d’expertise sur des thèmes spécifiques : cette année, par exemple, nous avons abordé le régime juridique des stages, le community management, les pratiques étrangères en matière de professionnalisation des étudiants…

CGE : A titre personnel, quelles sont les valeurs que vous souhaitez transmettre et les résultats ou avancées que vous escomptez ?

M.R. : Les valeurs que nous cherchons à développer mais qui sont déjà bien ancrées dans ce groupe à haut niveau de maturité sont la confraternité, la solidarité, l’ouverture aux collaborations, la confiance en soi, le professionnalisme. Le principal résultat que nous attendons est d’amorcer, au cours de ces journées, une homogénéisation des niveaux de pratiques et de performance entre les écoles, la concurrence n’étant plus aujourd’hui nécessairement entre elles !

CGE : Quels sont les vecteurs les plus pertinents des relations entreprises pour d’une part les établir et pour d’autre part les inscrire dans la durée ?

M.R. :
Les écoles ont bien compris, depuis longtemps, qu’elles devaient développer une stratégie marketing ambitieuse de service et de fidélisation à destination des entreprises. N’oublions pas que les entreprises sont les alliées de toujours de nos grandes écoles de commerce et de management, pour la plupart d’origine consulaire. Face à la montée de nouvelles formes de concurrence et à la rareté croissante des ressources, nos écoles doivent donc renforcer leur stratégie partenariale à long terme avec les entreprises, d’une part en élargissant et professionnalisant leur offre de services, mais aussi en gardant une longueur d’avance grâce à une innovation intensive sur ce terrain-là.

CGE : Quels principaux enseignements retenez-vous des rencontres des 9 et 10 décembre dernier ? Quelle projection en faites-vous pour 2011 et l’avenir ?

M.R. : Le principal enseignement est que, plus que jamais, la demande de professionnalisation de nos collaborateurs est forte, mais aussi que la solidarité est de mise entre nos écoles pour améliorer encore plus notre niveau de performance collective. Il faut aussi que l’assemblée des directeurs du chapitre entende un peu plus activement cette demande ! Nous essaierons, pour notre part, de la promouvoir d’année en année. Un autre enseignement est que les pratiques sont de plus en plus marquées de technologie (cf. les réseaux sociaux), mais que ces technologies sont encore assimilées à des niveaux très différents d’une école à l’autre. Le potentiel de progression sur ce terrain est immense !

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