Placer l’égalité professionnelle au cœur du management de la faculté

Le respect de l’égalité professionnelle au sein du corps professoral doit constituer une priorité pour l’enseignement supérieur. Au-delà des enjeux communs à toutes les entreprises ou organisations, notre secteur a une responsabilité particulière : celle de montrer l’exemple aux futures générations que nous formons et que nous accompagnons dans la définition et le développement de leur carrière.

 

Depuis ma nomination en tant que directeur académique et de la recherche à Audencia, il y a 4 ans, l’une de mes priorités a été de promouvoir la diversité et de garantir l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes au sein de notre faculté. Au-delà du fait qu’il s’agisse là d’une obligation légale, ce choix correspond à la fois à mes valeurs personnelles et à la conviction acquise dans le cadre de mes recherches, que la motivation et la performance des salariés sont fortement liées à leur sentiment d’être reconnus et traités de manière juste. Comment imaginer que des femmes membres de la faculté qui auraient l’impression de ne pas pouvoir conduire la même carrière que leurs collègues hommes soient entièrement et durablement engagées pour leur école ?

Rappeler régulièrement l’importance attachée à l’égalité professionnelle et surtout en faire la preuve concrète s’impose d’autant plus que notre secteur fait face à de profondes mutations. Passionnant, notre métier d’enseignant-chercheur devient en effet toujours plus exigeant et complexe, que ce soit dans le domaine de la recherche, de la pédagogie ou des relations avec le monde économique. Pour engager toute la faculté dans l’adaptation à ces changements, il semble nécessaire d’affirmer de valeurs fortes et de montrer que chacun sera accompagné pour réussir dans notre nouvel environnement.

Une première piste d’actions concerne évidemment l’égalité lors des recrutements et des promotions au sein de la faculté. Au cours de ces dernières années, j’ai veillé à renforcer la parité entre le nombre de femmes et d’hommes au sein de la faculté, mais également au niveau de chaque département, ce qui est parfois plus difficile. Je suis persuadé que nos étudiants ont besoin de role models et que le fait de voir que les cours dans chaque département sont assurés par des enseignants-chercheurs des deux sexes peut contribuer à lutter contre les représentations stéréotypées de certains métiers. En ce qui concerne les promotions, je suis fier que, grâce aux décisions prises ces dernières années, la part des femmes dans la catégorie des professeurs associés et celle des professeurs est au même niveau que dans l’ensemble de la faculté, voire légèrement supérieur.

Une deuxième piste d’actions porte sur les rémunérations. Si lors des recrutements de nouveaux membres de la faculté, la définition d’une grille salariale a permis d’éviter des différences de salaires en raison du genre, il fallait s’interroger sur les évolutions salariales des membres de la faculté ayant une certaine ancienneté. Sur la proposition d’un membre de notre faculté et en coopération avec notre direction des ressources humaines, au début de mon mandat, nous avons fait une analyse approfondie des rémunérations de notre faculté, en tenant compte des différents critères pris en compte dans la carrière des enseignants-chercheurs, notamment le niveau diplôme, l’ancienneté, l’expérience internationale ou le niveau des publications. Dans la mesure où certaines différences historiques des niveaux de rémunération semblaient ne s’expliquer que par le genre, nous avons décidé de réserver chaque année une partie du budget dédié aux augmentations salariales pour rattraper cette différence.

Par ailleurs, de nombreuses femmes membres de la faculté ont pu suivre #NégoTraining, la formation gratuite des femmes sur la négociation salariale que la Chaire RSE d’Audencia a mis en place dans le cadre de la Plateforme RSE de la métropole nantaise. Pour évaluer l’impact de ces actions et confirmer que les différences liées au genre sont bien supprimées, il est prévu de refaire régulièrement l’analyse approfondie des rémunérations.

Il s’agit bien-sûr d’une démarche d’amélioration continue et d’autres actions ont été engagées ou sont à lancer. Ainsi, une réflexion est menée à la fois sur la parité dans les responsabilités managériales de la faculté, notamment le pilotage des départements et des programmes, et sur la manière de mieux intégrer ces responsabilités, parfois plus assumées par les femmes, dans l’évolution de la carrière. De même, il est nécessaire d’approfondir l’analyse de l’impact du genre sur l’évaluation des cours par les étudiants, car celle-ci constitue l’un des éléments de la carrière des enseignants-chercheurs.

Je suis persuadé que cet engagement en faveur de l’égalité professionnelle de la faculté ne se fait pas au détriment des membres hommes et de leurs propres carrières, car nous avons tous intérêt à travailler dans un environnement où chacun puisse s’épanouir et être confiant sur le développement de ses compétences et sa carrière. Beaucoup d’hommes sont d’ailleurs eux-mêmes engagés sur ce thème et plus largement sur l’égalité et la diversité, ce qui me rend optimiste sur notre capacité à entraîner d’autres institutions et à agir collectivement pour atteindre rapidement l’égalité professionnelle au sein de l’enseignement supérieur pour nous concentrer sur notre cœur de métier et promouvoir ces mêmes valeurs dans le monde des entreprises.

André Sobczak
directeur académique et de la recherche
Audencia Business School

 

A propos d’André Sobczak

André Sobczak est Directeur académique et de la recherche d’Audencia Business School où il est également titulaire de la Chaire RSE et directeur académique du Mastère Spécialisé « Acteur pour la transition énergétique ». Il a publié de nombreux articles sur la RSE dans les revues académiques et accompagné des entreprises et des collectivités dans l’intégration des enjeux sociaux et environnementaux dans leur stratégie et leurs pratiques. En 2019, il a été nommé role model LGBT+ par l’association l’Autre Cercle.

 

À propos d’Audencia

Fondée en 1900, Audencia se positionne parmi les meilleures Ecoles de Management européennes. Régulièrement classée dans les premiers rangs mondiaux par le Financial Times, elle est accréditée EQUIS, AACSB et AMBA. Ainsi, Audencia fait partie du cercle très fermé des Business Schools détenant cette triple accréditation dans le monde. Première Ecole de Management en France à adhérer à l’initiative Global Compact des Nations Unies, également signataire de leurs Principles of Responsible Management Education, Audencia s’est très tôt engagée à former et guider dans leur développement de futurs managers et entrepreneurs responsables. Audencia propose des programmes en management et en communication allant du bachelor au doctorat.  Elle a signé des accords avec plus de 300 institutions académiques à l’étranger, et plus de 180 entreprises nationales et internationales. Elle accueille plus de 5300 étudiants, dispose d’un corps professoral de 135 enseignants-chercheurs et d’un réseau de plus de 26 000 diplômés. Pour en savoir plus, consultez le site Internet : www.audencia.com et suivez-nous sur les réseaux sociaux : Twitter @audencia.

 

 

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