Les Grandes écoles, véritable tremplin pour l’emploi

L’enquête annuelle de la Conférence des grandes écoles analyse la valorisation sur le marché du travail des formations dispensées par les Grandes écoles françaises via l’insertion professionnelle de leurs diplômés. Il s’agit cette année de la 28ème édition de l’enquête.

Les résultats présentés dans ce rapport s’appuient sur une collecte de données réalisée entre décembre 2019 et mars 2020. Cette collecte était donc déjà achevée pour la plupart des écoles avant la crise Covid-19 et le confinement du pays. En outre, la majorité des répondants de la promotion 2019 ont obtenu leur diplôme entre septembre et décembre 2019 et décroché leur premier emploi très rapidement, pour 6 diplômés sur 10 avant même l’obtention du diplôme. Au début de la crise sanitaire, les diplômés de la promotion 2019 étaient donc très majoritairement déjà en poste.

Pour toutes ces raisons, nous pouvons affirmer que les résultats de cette enquête 2020 ne sont pas affectés par la crise sanitaire et les perspectives de dégradation de l’économie et du marché de l’emploi qu’elle promet d’entraîner.

Cette année encore, les Grandes écoles ont massivement participé à l’enquête d’insertion de la CGE : 190 établissements (sur les 194 concernés par l’enquête1) ont sollicité leurs diplômés au cours du premier trimestre 2020. Toutes promotions confondues, près de 174 500 diplômés ont été interrogés. Cette large mobilisation des établissements est à souligner : elle permet d’obtenir des résultats très fiables, en tenant compte de la diversité des écoles de la CGE : écoles d’ingénieurs, de management, et d’autres spécialités. Le taux de réponse des nouveaux diplômés, qui représentent 39 208 réponses exploitables sur la promotion 2019, s’élève à 63,7 %.

En fin d’année 2019, malgré un léger fléchissement, le contexte restait très favorable sur le marché de l’emploi des cadres. L’enquête 2020 montre un excellent taux d’insertion professionnelle avec un taux net d’emploi à 6 mois de 88,1 % pour les diplômés 2019, avec 82,2 % d’embauches en CDI. Comme les années précédentes, les Grandes écoles apparaissent donc dans cette enquête 2020 comme un véritable tremplin pour l’emploi.

Cependant la situation à laquelle nous allons devoir faire face se caractérise par plusieurs inconnues : la durée de la crise, l’ampleur de ses conséquences, et la rapidité de la reprise économique. Si nous nous reportons à l’expérience de la crise financière de 2008, pour laquelle nous avions constaté une augmentation du nombre des nouveaux diplômés en recherche d’emploi 3 à 6 mois après la sortie de l’école, on peut penser que les tensions sur le marché de l’emploi s’intensifieront dans les prochains mois, et ce dans la durée.

Dans ce contexte, les Grandes écoles apparaissent particulièrement bien armées pour relever le défi de la relance, notamment grâce à leur agilité, leurs liens étroits avec les entreprises et les employeurs, leurs puissants réseaux de diplômés, la qualité des formations dispensées et l’excellence de leurs diplômés.
Les Grandes écoles et leurs étudiants ont d’ailleurs montré leur proactivité et leur capacité de résilience en faisant évoluer, en quelques semaines seulement, leurs dispositifs pédagogiques, grâce à une accélération de leur transformation digitale et à l’adaptation des modalités de stages et d’accompagnement à l’insertion professionnelle.

De nombreuses initiatives ont ainsi été mises en place pendant le confinement du pays pour maintenir le lien avec les recruteurs et aider les futurs diplômés : forums conjoints en ligne, accompagnements personnalisés en ligne, plateformes d’échanges, mobilisation des Alumni, etc. Cela n’aurait pas été possible sans les liens étroits que nos écoles entretiennent avec les entreprises.

1 194 écoles de la CGE sont concernées par l’enquête sur les 229 établissements membres de la CGE. Ne sont en effet pas prises en compte par l’enquête les écoles diplômant des fonctionnaires ou n’ayant pas de programme Grande école (22) et les écoles étrangères (13).

C’est cette relation historique entre les Grandes écoles et leurs entreprises partenaires qui sera très certainement la clé de voûte du maintien de la bonne insertion de nos diplômés, dans les mois et les années à venir. Nous misons sur le fait que l’embauche de jeunes talents reste une priorité stratégique des entreprises. De notre côté, il nous reviendra de continuer à garantir à nos étudiants les meilleures préparations à l’accès au monde du travail et de poursuivre les innovations, en termes de pédagogie et de contenu, qui assureront sur le long terme, la valeur de nos diplômes comme de nos diplômés.

En ce sens, nous restons confiants en la capacité des Grandes écoles à offrir à nos étudiantes et à nos étudiants, en cette période troublée, les meilleures conditions de réussite possibles. Car demain, plus que jamais, nos sociétés auront besoin pour se réinventer des jeunes talents que nous formons dans nos écoles.

Anne-Lucie Wack, présidente de la CGE

Peter Todd, président de la commission Aval et directeur général de HEC Paris

 

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