« Nous dessinons et créons des vêtements de sport techniques, féminins et ultraconfortables, à partir de tissus 100% français »

Shanti Delaporte (EDHEC 2020) a cofondé Les Actives Paris, une marque de sportswear féminin et éco-responsable. Sportive et passionnée de mode, elle partage son expérience entrepreneuriale et revient sur son parcours, ses prochains défis et son engagement en faveur d’une production raisonnée et respectueuse de l’environnement.

 

Avez-vous toujours voulu devenir entrepreneuse ?

Non, l’idée a fait graduellement son chemin. J’ai travaillé sur le marché du sportswear à l’occasion d’un stage à Hong Kong chez Bluebell, une entreprise spécialisée dans l’import de produits de luxe en Asie. En menant des études de marché sur les marques de sport premium, j’ai réalisé qu’il n’y avait pas (ou peu) d’acteurs français. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à réfléchir à la création d’une marque dans le domaine du sport et à avoir envie de me lancer dans l’entrepreneuriat. J’ai alors choisi de suivre le MSc in Entrepreneurship & Innovation en dernière année de mon cursus à l’EDHEC tout en initiant mon projet en parallèle.

 

Pourquoi avez-vous créé Les Actives ? Quelle est l’originalité de la marque ?

Avec Flore Delaporte, ma cousine et cofondatrice, nous sommes amatrices de sport : course à pied, yoga, Pilates, tennis. Nous ne trouvions pas de vêtements confortables, techniques et qui correspondaient à nos goûts … ou alors ils étaient fabriqués à l’autre bout du monde. Flore a fait une école de design à New York. Nous avons décidé de capitaliser sur notre complémentarité pour lancer ensemble une marque de vêtements de sport, à la fois féminins et intemporels, fabriqués dans un circuit court et responsable. Nous dessinons et créons des tenues de sport techniques, durables et ultraconfortables, à partir de tissus 100% français, fabriqués dans la région Rhône-Alpes. Notre production en petites séries permet de limiter les stocks inutiles et de réduire au maximum notre impact environnemental.

 

A qui votre marque s’adresse-t-elle ?  

Les femmes de 30 à 50 ans. Néanmoins, notre cible diffère un peu en fonction des canaux de distribution. Sur Internet, notre clientèle a tendance à être plus jeune que chez nos revendeurs. Il s’agit principalement de studios de yoga et de Pilates auxquels nous proposons un système flexible permettant d’opter pour l’achat ferme ou le dépôt vente.

 

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées ?

Le plus difficile a été de gérer l’impact de la crise sanitaire car nous vendons plus de vêtements en physique qu’en ligne. C’est compliqué de se rendre compte de la qualité des matières sans toucher les tissus, très doux et confortables !

Si la demande pour les produits écoresponsables est croissante, on constate également un écart important entre les intentions et les comportements d’achat. Les consommateurs ne sont pas toujours prêts à payer plus cher, d’autant qu’il existe une grande offre de vêtements de sport à prix très bas. Notre défi est de proposer une offre complète au prix le plus « juste ».

 

Quelles sont les prochaines étapes des Actives ?

Notre priorité est d’étendre notre réseau. Le marché du sportswear est très concurrentiel mais nos produits plaisent et bénéficient d’un très bon bouche-à-oreille. Les professeurs de yoga nous font régulièrement de très bons retours et leurs feedbacks ont été précieux pour encore améliorer la qualité de nos leggings et brassières après notre première collection. Les taux de satisfaction et de fidélisation sont excellents.

L’objectif est maintenant de gagner en notoriété et de développer la commercialisation de nos produits avec à terme le lancement d’un point de vente physique même si ce n’est pas un projet immédiat. Nous réfléchissons également à une extension de la gamme. Nous avons déjà réalisé des collections tennis et running. Pourquoi pas le cycling ou la natation ? L’idée est de diversifier davantage notre offre pour proposer d’autres sports mais aussi des coupes différentes et adaptées en fonction des morphologies.

 

Comment l’EDHEC vous a-t-elle accompagnée ?

Le MSc que j’ai suivi en dernière année m’a permis d’acquérir des compétences dans des domaines très variés : comptabilité, finance, droit… Cette spécialisation m’a donné une vision globale de l’entrepreneuriat. Nous avons ensuite eu l’opportunité d’être accompagnées par EDHEC Entrepreneurs à Station F et de bénéficier de tout son écosystème. Nous avons pu nous appuyer sur des mentors et des professionnels experts dans leur domaine, qui nous ont apporté des conseils notamment dans le marketing digital. Un sujet sur lequel nous avions de nombreuses questions. Le programme d’incubation à Station F permet aussi de partager des bonnes pratiques, d’échanger avec d’autres entrepreneurs qui travaillent en B2C comme nous et de se sentir à tout moment moralement soutenu !

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