La pertinence du modèle Grande école face au repli conjoncturel
L’un des principaux enseignements de l’édition 2026 réside dans le ralentissement de l’insertion professionnelle des diplômés de la promotion 2025. Le taux net d’emploi 6 mois après la diplomation recule à 74,5 %, tandis que la part des diplômés en recherche d’emploi atteint 23 %. Cette tension s’inscrit dans un contexte géopolitique incertain et une contraction du marché de l’emploi cadre, les entreprises privilégiant des profils plus expérimentés.
Une insertion rapide et un niveau de satisfaction élevé
Ce repli conjoncturel ne remet toutefois pas en cause la solidité structurelle de l’insertion des diplômés des écoles de management. L’accès à l’emploi reste rapide et à la hauteur des attentes : plus de 60 % des jeunes diplômés en poste signent avant la diplomation et 80 % trouvent un emploi en moins de deux mois ; près de 85 % des diplômés en poste sont satisfaits de leur emploi.
Une insertion qualifiée et durable, grâce à une forte adéquation formation-emploi
L’enquête confirme également un point essentiel : l’adéquation entre formation et emploi demeure particulièrement élevée. Près de 90 % des diplômés estiment que leur poste correspond à leur niveau de qualification, et plus de 85 % jugent qu’il est en lien direct avec leur discipline de formation. Cette cohérence constitue un marqueur fort du modèle des Grandes Ecoles, où spécialisation progressive, professionnalisation et accompagnement des carrières favorisent une insertion qualifiée et durable. Elle contribue directement au niveau élevé de satisfaction observé.
Une appropriation rapide et une forte utilisation des nouveaux outils technologiques
Parallèlement, l’enquête met en lumière la transformation des pratiques professionnelles avec l’essor rapide de l’intelligence artificielle générative. Plus de 8 diplômés sur 10 déclarent en faire usage, dont la moitié de façon régulière. Les principaux usages concernent la rédaction de contenus, la recherche d’informations et la synthèse de documents. Cette appropriation rapide illustre l’adaptation des jeunes diplômés à un environnement technologique en mutation et souligne la capacité des formations à intégrer ces nouveaux outils. L’utilisation de ces outils s’accompagnent néanmoins d’interrogations : la confidentialité des données, la fiabilité des résultats ou encore les enjeux éthiques sont fréquemment évoqués par les utilisateurs.
Des solutions pour s'adapter
La poursuite d'étude
Dans les premiers mois qui suivent la sortie de l’école, le taux d’emploi est plus sensible à la conjoncture. Le manque d’offres et d’expérience figurent en tête des difficultés rencontrées par plus de 60 % des diplômés en recherche d’emploi. Dans ce contexte, certains comportements évoluent : par exemple, la progression de la poursuite d’études qui gagne plus d’1 point en 1 an.
Des dispositifs pour renforcer l'employabilité
Face à ces défis, les Services Carrière des Grandes Écoles et les Associations Alumni redoublent d’efforts pour accompagner leurs jeunes diplômés. Coaching individualisé, ateliers de simulation d’entretiens, événements de mise en réseau avec des professionnels, ou encore groupes de discussion entre diplômés en recherche d’emploi : les dispositifs se multiplient pour renforcer l’employabilité. Les webinars thématiques (sur les tendances du marché, l’utilisation de l’IA dans la recherche d’emploi, ou les attentes des recruteurs) et les plateformes dédiées aux offres de stage et d’emploi complètent cet arsenal. Cette mobilisation collective, combinée à la solidarité des réseaux Alumni, permet de limiter l’impact du ralentissement conjoncturel et de maintenir la confiance des jeunes talents dans leur insertion professionnelle.
Pour autant, la stabilité des emplois demeure élevée. Près de 84 % des diplômés en poste en France bénéficient d’un CDI et près de 75 % occupent un statut cadre. Les niveaux de rémunération restent compétitifs, autour de 46 500 € bruts annuels, même si leur progression marque le pas par rapport à l’inflation.
Dans ce paysage en mutation, l’enquête insertion confirme son rôle stratégique. Par la qualité de ses données et la stabilité de sa méthodologie, elle constitue un outil clé pour analyser l’employabilité des diplômés, mais aussi pour comprendre les transformations du travail : montée en puissance de certaines compétences, recomposition des trajectoires ou encore évolution des attentes des jeunes actifs.
Si le contexte freine temporairement l’accès à l’emploi des jeunes diplômés, la forte adéquation formation-emploi, la rapidité d’insertion et la capacité d’adaptation aux mutations technologiques – notamment liées à l’IA – confirment la pertinence du modèle Grande école dans un marché du travail en recomposition.
Spécialisée en analyse socio-économique, Marion a débuté sa carrière comme chargée d’études économiques chez France Travail puis en Chambre de Commerce et d’Industrie. Elle a ensuite évolué vers l’enseignement supérieur pour prendre en charge les classements presse à l’EM Normandie puis les enquêtes et le pilotage de la data.
Après une première expérience en Ressources Humaines, Domitille a évolué vers l’enseignement supérieur, où elle a d’abord piloté la communication et le recrutement étudiant à l’IGS-RH. Elle a ensuite pris la responsabilité des réseaux alumni pour l’ensemble des écoles du Groupe IGS, avant de rejoindre en 2020 l’Association Alumni EM Normandie. Aujourd’hui, elle en assure la direction, aux côtés du Conseil d’Administration et de l’équipe permanente.
À propos de l’EM Normandie
Fondée en 1871 parmi les premières grandes écoles de commerce françaises, l’EM Normandie s’est imposée comme une institution de référence dans le monde des Business Schools. Elle détient les accréditations internationales EQUIS, AACSB et AMBA. Avec plus de 6 000 étudiants et professionnels dans ses programmes de formations initiales et continues diplômantes et 30 000 membres de l’association Alumni EM Normandie à travers le monde, l’école est implantée sur six campus, à Caen, Le Havre, Paris, Dubaï, Dublin, et Oxford. L’EM Normandie forme les managers de demain, futurs gouvernants responsables préparés à la conduite du changement dans un environnement multiculturel, et elle accompagne les salariés et dirigeants d’entreprises tout au long de leur carrière. www.em-normandie.com